Robert Motherwell, Open Series

Le dehors et le dedans

Celui qui comme Pol­lock pei­gnait d’abord sur le sol afin de mieux contrô­ler son tra­vail et l’envisager selon une vision moins étroite, puis le finis­sait à la ver­ti­cale pour ache­ver ses immenses toiles noires ou colo­rées aux motifs géo­mé­triques, créa un uni­vers de grande force poé­tique et avec beau­coup de ten­sions.
Né en 1915 à Aber­deen aux USA, le peintre a conju­gué des études de phi­lo­so­phie à Stan­ford et à Har­vard et des cours à la Cali­for­nia School of Fine Arts de San Fran­cisco. Après un voyage à Paris où il décide de deve­nir peintre, son œuvre se nour­rit de ses études de lit­té­ra­ture, psy­cho­lo­gie et phi­lo­so­phie. Il s’intéresse d’abord au Sur­réa­lisme suite à ses ren­contres avec Roberto Matta et d’autres artistes de la mou­vance mais reste en dehors du mouvement.

Il s’initie à l’écriture de poèmes auto­ma­tiques et expose ses pre­mières pein­tures abs­traites et ses col­lages dans la gale­rie de Peggy Gug­gen­heim à New York en 1944. Il devient dès lors l’un des artistes phares de l’expressionnisme abs­trait amé­ri­cain et de l’Ecole de New York, aux côtés de Pol­lock, Rothko et de Koo­ning Plus de vingt ans après sa mort, cette expo­si­tion per­met la vision d’un pan impor­tant de l’œuvre : les séries « Open » par­fois mécon­nues car radi­cales et dont le lyrisme prend un carac­tère par­ti­cu­lier. Il est empreint de l’intensité de formes res­treintes plu­tôt que d’effloraisons et ramènent tou­jours à l’intériorité.
Très influencé par la Guerre d’Espagne, le peintre crée une pein­ture mar­quée par l’enfermement comme le prouve par exemple sa toile rouge « Cali­for­nia Win­dow » pré­senté chez Tem­plon. Les motifs géo­mé­triques colo­rés sont com­pri­més entre des barres ver­ti­cales et horizontales.

Maître d’une expres­sion plas­tique influen­cée par la psy­cha­na­lyse, Mother­well reven­di­qua tou­jours un sens à ses abs­trac­tions. Elles deviennent une pra­tique et une forme de poé­tique du vide méta­phy­sique dont les très grands for­mats des séries « Open » donnent la plus juste « image ».

jean-paul gavard-perret

Robert Mother­well,  Open Series, Gale­rie Tem­plon, Paris, du 17 mai au 21 juillet 2018.

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