Clément Rizzo, Histoires courtes
Clément Rizzo crée un monde qui navigue entre réalité et imaginaire. L’auteur nous projette dans des aventures dont le langage – même s’il doit encore s’affirmer – devient aussi important que les traversées et narrations proposées sous forme de micro-récits. La notion d’aventure reste importante : elle se développe selon une formule visuelle toujours précise afin d’ajuster ses divers éléments.
Séquences « documentaires » et de fiction créent une poussée de l’imprévisible liée à un resserrement du sens selon une mécanique astucieuse. Elle offre tout un jeu de bascule visant non à recopier du réel mais à le réinventer en un ordre de suspension, de résistance.
La littéralité ne ferme pas la porte aux expérimentations formelles et l’ensemble produit une énergie très vive, dégagée de psychologie. Tout reste inventif. Et la distance fait partie de l’affaire. Distance géographique évidente, et distance donnée par le dessin lui-même. Ce double écart accentue le plaisir, l’attention et la surprise. Existent là des fantasmes de films. Chaque image est un lieu de déploiement de possibles. Elle permet de rêver les yeux grands ouverts ou de se concentrer sur ce que l’on voit une fois les paupières fermées.
Tout fonctionne sous le signe de la recomposition, de la réarticulation selon un régime singulier. Rizzo invente un parcours optique drôle mais sans appuyer sur les effets là où se fait la rencontre entre une écriture plastique et une sorte d’énergie mentale liée à sa projection.
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jean-paul gavard-perret
Clément Rizzo, Histoires courtes, Editions Lowtch – peut se commander sur Showrizzo.blogpost.
