Sandy Skoglund, Sandy Skoglund (exposition)

Sandy Skoglund, Sandy Skoglund (exposition)

« Iconeries » de Sandy Skoglund

La photographe américaine Sandy Skoglund est devenue célèbre avec sa série Radioactive Cats : les intérieurs sont « contaminés » par les différences sociales, le vieillissement, la guerre, la société de consommation et du spectacle. Tout est loufoque, tragique et fortement coloré. Souvent rapproché plus ou moins fortuitement au surréalisme, ce travail suggère l’étouffement, l’emprise de certains artefacts sur l’être humain et interroge un espace où l’homme pourrait se croire protégé mais où il est agressé.
Partant le plus souvent d’une idée élaborée au fil du temps, Sandy Skoglund, en un long travail de persévérance, crée des «tableaux» photographiques. Ils tiennent autant d’une thématique que d’une sensation visuelle. Au cours de son « montage » et en s’intéressant à l’aspect sculptural de ses images, l’artiste prend des photos pour voir si ce qu’elle veut atteindre est sur la bonne voie. La photographe crée des mises en scène longuement élaborées, avant d’entamer leurs prises en argentique.

Tout chez elle reste minutieux : « le chaos est une question de perception » dit-elle. Et ses renards, ses poissons ou ses chats habilement agencés inventent le désordre programmé. Le réel rentre en état second là où la société postmoderne devient sauvage par la rébellion des choses ou des monstres issus de l’imagerie médiatique. La répétition de tels éléments postule l’abondance et par-delà l’envahissement.
L’artiste invente un nouvel état post-historique. L’animal y devient bien plus qu’un symbole de l’humain. L’œuvre est donc autre chose qu’une fable qui partirait d’un état de nature. L’animal surgit comme le déclencheur de déstabilisation. Le popcorn et les « cheesedoodles » deviennent des icônes de l’expérience de la pop culture américaine que l’artiste reprend à sa main pour en souligner sa mécanique et son vide.

jean-paul gavard-perret

Sandy Skoglund, Pacy Contemporary, Brescia, 2016.

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