Sarah Mc Kenzie, Je ne t’oublierai pas

Sarah Mc Kenzie, Je ne t’oublierai pas

Naître ou ne pas naître…

Huit ans déjà que Jane a perdu son enfant à la naissance. Huit ans qu’elle vit avec le fantôme de sa petite fille Beth. Huit ans qu’elle s’imagine ce qu’aurait été sa vie si sa fille avait survécu. Huit ans que le chagrin reste enfoui en elle. Huit ans que Jane vit dans le mensonge ?!  C’est en tout ce que lui affirme la femme qui vient un jour frapper à sa porte. Une femme qui prétend que sa sœur décédée, l’infirmière qui aurait assisté à l’accouchement de Jane, lui aurait révélé que l’enfant ne serait pas mort à la naissance. Elle détiendrait d’ailleurs des preuves de cette abominable duperie, preuves qu’elle livrerait à Jane contre une bonne somme d’argent. Il n’en faut pas plus pour que le doute, puis l’espoir s’immiscent dans le cœur de Jane. Quitte à braver son mari, sa meilleure amie, elle se lance dans une enquête qui pourrait s’avérer très rapidement beaucoup plus périlleuse qu’elle ne le pensait, surtout quand sa visiteuse vient trouver la mort dans un accident.
Où se trouve la vérité ? Veut-on la faire sombrer dans la folie et la voir remettre en cause son mariage ? ou y a-t-il une part de vérité dans ce que tout le monde autour d’elle pense être les élucubrations d’un esprit torturé ?

Ce premier roman révèle le talent d’une nouvelle auteur britannique qui jusque là s’était orientée vers la littérature jeunesse.  Avec un sens du suspense très aiguisé, Sarah Mc Kenzie nous plonge dans le quotidien de cette femme hantée depuis huit ans par  le drame qu’elle a vécu. Comment ne pas être en effet touché par le chagrin qui touche l’héroine de ce roman, perturbée par la perte de son enfant à la naissance ? A tel point que sa vie de couple en souffre encore, et qu’on peut douter de sa santé mentale. Le doute est distillé à chaque page, et le lecteur ira de surprises en surprises jusquà un dénouement parfaitement maîtrisé.
La trame de l’histoire est également bien construite, et pas besoin de mort à chaque chapitre pour tenir le lecteur en haleine ! Bien au contraire, la tension monte grâce aux relations tendues entre les personnages, et également leur psychologie plus complexe que le laissaient supposer les premières pages. On tourne donc les pages avec une faim qui ne sera assouvie que dans les derniers chapitres, et avec quelques ultimes rebondissements, très difficiles à voir venir.
Sarah Mc kenzie pourrait bien très vite concurrencer ses compatriotes Nicci French, SJ Watson… une auteure à suivre de près.

franck boussard

Sarah Mc Kenzie, Je ne t’oublierai pas, Belfond noir,  2014, 432 p. – 20,50 €.

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