James Rollins, Le Fléau d’Éden

Un bes­tiaire diabolique !

Les mani­pu­la­tions géné­tiques sur les ani­maux sont mon­naie cou­rante aujourd’hui. Cepen­dant, elles sont faites, pour l’instant, dans le but d’améliorer une race, pour un “meilleur ren­de­ment” afin de satis­faire les besoins humains. James Rol­lins ima­gine un autre objec­tif dans un roman pas­sion­nant où l’intrigue forte fait la part belle à une zoo­lo­gie éton­nante.
C’est en 2003 que deux jeunes gar­çons qui cherchent déses­pé­ré­ment de la nour­ri­ture dans le zoo d’un Bag­dad en guerre, ren­contrent des hommes qui s’emparent d’embryons et un monstre de cau­che­mar. Sept ans plus tard, Lorna Polk, vété­ri­naire spé­cia­liste de la faune sau­vage, ou éle­vée en cap­ti­vité, est récla­mée par l’U.S. Bor­der Patrol. Sur le Mis­sis­sippi en crue, un cargo s’est échoué. Un malaise s’installe, quand, sur place, elle est pré­sen­tée au res­pon­sable des opé­ra­tions, Jack qu’elle recon­naît. Le navire était aban­donné mais, dans les cales, des cages retiennent de curieux ani­maux. Elle découvre un per­ro­quet sans plumes, un bébé jaguar aux dents de sabre… Ils sont tous por­teurs d’une sin­gu­lière ano­ma­lie. Lorna fait trans­por­ter ces ani­maux dans son centre pour les soi­gner. Moins apeu­rés, récon­for­tés, ils sont plus abor­dables. Elle découvre que le per­ro­quet connaît les déci­males de π. Le jeune jaguar n’était pas seul. Sa mère s’est enfuie avec un autre petit et chasse pour se nour­rir. Dans les envi­rons, la Ferme des alli­ga­tors semble le lieu idéal pour se res­tau­rer. Le fauve fait preuve d’une intel­li­gence remar­quable, déjouant les pièges et déclen­chant une catas­trophe. L’U.S. Bor­der Patrol décide d’employer les grands moyens. Cepen­dant, d’autres dan­gers se font jour et la vie des héros devient de plus en plus mena­cée. Et la ques­tion lan­ci­nante se pose à Lorna : « Quel est le but recher­ché par ces mises en appli­ca­tion de la science frac­tale et du génie génétique ? ».

James Rol­lins, de par son métier de vété­ri­naire, est tout à fait à l’aise pour évo­quer les avan­cées tech­no­lo­giques opé­rées sur les ani­maux, décrire leur évo­lu­tion et l’évolution du com­por­te­ment des sujets d’études. Il apporte, ainsi, une masse d’informations sur les mœurs des races d’animaux qu’il a inté­grés dans son bes­tiaire, détaillant sur­tout celles des jaguars et des per­ro­quets. Il relate leur façon de vivre, de chas­ser, de se dépla­cer et d’appréhender leur envi­ron­ne­ment. Il s’appuie éga­le­ment sur des études récentes met­tant en lumière les der­nières recherches en matière de rela­tion hommes-animaux. Paral­lè­le­ment, il déve­loppe une intrigue basée sur la traque d’un jaguar adulte avec toutes les péri­pé­ties, puis il amène un second niveau de rebon­dis­se­ments avec les res­pon­sables de cette situa­tion, croi­sant le tout avec des liens com­plexes entre les deux héros, Lorna et Jack. On découvre peu à peu ce qui les a unit à un moment et ce qui en a découlé. Il place le cadre de son intrigue sur le Mis­sis­sippi et son delta, une région pro­pice à un cadre aven­tu­reux,  expli­ci­tant le mode de vie des autoch­tones, la défense de leur liberté et leur auto­no­mie.
Pilote d’un récit dont il maî­trise par­fai­te­ment le contenu scien­ti­fique et la suc­ces­sion impres­sion­nante de péri­pé­ties, James Rol­lins signe un magni­fique roman dans la meilleure veine du thril­ler mâtiné d’aventures exotiques.

serge per­raud

James Rol­lins, Le Fléau d’Éden (Altar of Eden) tra­duit de l’anglais par Les­lie Boi­telle, Fleuve Noir, novembre 2014, 448 p. – 20,90 €.

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