Jean-Paul Gavard-Perret & Mireille Andelu, La princesse et l’errant

Jean-Paul Gavard-Perret & Mireille Andelu, La princesse et l’errant

Osons-nous convoquer – eu égard au titre du livre – la célèbre chanson des Rita-Mitsouko : « Les histoires d’amour finissent mal en général » ? Toutefois, sans spéculer trop hâtivement : la princesse est toujours là mais l’errant est parfois plus clopin que clopant – même s’il fume la pipe (quoique le tabac lui soit interdit).  Bref, pour lui, pas de transhumance. Mais, tombant amoureux, il ne perd pas sa tête.

Dans ce face à face, Mireille Andelu et J-P Gavard-Perret ont trouvé un biais idéal : celui d’une divagation poétique pour faire l’éloge de la peinture – en partiulier celle de l’artiste du livre.  Guidé par ses créations, le poète propose une écriture jamais  précédée par la pensée (il estime que c’est une hérésie). C’est donc la peinture qui lui donne sens et énergie créatrice en un tel mano a mano.

L’inconscient de l’auteur est capté par les images et il y découvre une histoire inconnue perçue jamais d’en haut ou  d’en bas mais en face dans l’espace de la rencontre. La Princesse et l’errant créent et défont des liens dans en un tel jeu où des mots butent à cloche-pied vers deux légendes.
Celles-ci roulent leurs chimères dans les aiguillages de deux vies. Un rêve s’organise là où chacun cherche dans l’autre une façon de combler son vide. Avec un certain érotisme pour qu’une union grandisse, la poésie écartèle les ombres sur le rempart des êtres qui ont parfois des yeux d’algue, des cheveux d’écume tout en recherchant des accords impensés où parfois le trident de Neptune se perd dans les cordages de l’élue.

Peu à peu, un épanchement s’élargit là où les murmures se déchirent pour qu’un songe arrive dans des criques où dansent les lucioles sur une mantille de ténèbres ouverte par la foudre de l’orage. Plus tard, des arcs-en-ciel ouvrent en éventail une illumination commune.

Jean-Paul Gavard-Perret & Mireille Andelu, La princesse et l’errant, Area,  46 bis rue de Paradis, Paris, 2026, non paginé – 150,00 €.

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