Frédéric Forte, Le Sentiment général

Frédéric Forte, Le Sentiment général

L’ouvrage est formé de deux parties (« Le sentiment général » et « sentiments particuliers ») sous couverture d’amour. La première est constituée de 15 sonnets dont chacun commence par le dernier vers du précédent et s’achève par le premier vers du suivant. La seconde partie rassemble 196 « n-ains carrés » composés à partir de chaque vers des sonnets 1 à 14, dont le « n » varie en fonction du nombre de mots que ce vers contient et qui sont repris dans l’ordre au fil des « n » vers.
Un tel formalisme oulipien se donne là où tout ce qui (nous) arrive est (ajoutons plutôt serait) dans l’ordre d’un circuit fermé, « l’extérieur / n’existant plus qui était le / monde / même si voilà je / t’en informe ce n’est pas vrai », précise l’auteur en ajoutant qu’il est visible par une fenêtre d’une chambre, où percer un trou dans le mur…
Dans ce capharnaüm un certain empirisme est possible. Mais l’auteur a d’autres soucis mathématiques là où un « n » devient le poète amoureux en morceaux d’un dialogue entre vide et plein, apparition et disparition.

Lichtenbergeant dans l’approximatif, l’auteur précise : « je ne sais / pas si tu vois ce que je vois / ça ressemble à un couteau électrique/ sans l’électricité auquel il : manque aussi la lame et puis le manche ». De telles facilités tentent de nous éclairer…
Fier de sa méthode, Frédéric Forte joue les cadors même s’il se contente de peu …mais pour partager avec le son aimé le « sentiment le plus pur / en général » et donc un ravissement. Les Rita Mitsouko émettaient à ce sujet plus qu’un doute.

Frédéric Forte, Le Sentiment général, P.O.L, 2026, 144 p. – 19,00 €.

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