John Devos, Unseen (exposition)
L’image outil
À l’ère de l’argentique, les photos de presse n’étaient pas seulement des images finales, mais aussi des documents de travail. Avant sa publication, une photographie passait entre les mains des rédacteurs, des maquettistes et des retoucheurs. Des traits de crayon indiquaient où l’image devait être recadrée, tandis que de la peinture ou un marqueur servait à masquer certaines parties de la scène. Les personnes sans rapport avec l’article qui l’accompagnait étaient parfois barrées ou recouvertes de peinture, permettant ainsi de concentrer toute l’attention sur le sujet de l’article.
Les photographies de cette exposition dont celle de John Devos portent encore les traces de ce processus éditorial. Elles révèlent une étape de la production d’images qui restait généralement invisible et montrent que la photographie n’est jamais simplement une question d’enregistrement de la réalité, mais aussi de sélection et d’interprétation.
Mais les interventions de Devos confèrent également aux images une qualité visuelle inattendue. La combinaison de l’image photographique et des marques dessinées à la main crée une seconde couche graphique. En même temps, chaque intervention rend l’objet unique. Ce qui n’était autrefois que des images de presse purement fonctionnelles est ainsi devenu des artefacts singuliers qui, malgré leurs origines journalistiques, peuvent également être considérés dans un contexte artistique.
jean-paul gavard-perret
John Devos, Unseen, Depth Of Field (DOF), Amsterdam, mars-avril 2026.