Exposition, Gastone Novelli (1925-1968)

Exposition, Gastone Novelli (1925-1968)

Gastone Novelli fut l’un des principaux protagonistes de la peinture italienne après la Seconde Guerre mondiale. L’exposition vise à rendre hommage à l’artiste cent ans après sa naissance, en reconnaissant pleinement son parcours de recherche à travers la collection des œuvres les plus significatives présentes dans les collections publiques et privées italiennes.
L’exposition est également une occasion de récolter les fruits des études les plus récentes et importantes consacrées à l’artiste, notamment le Catalogue général des œuvres de peinture et de sculpture, publié en 2011 par les Archives Novelli en collaboration avec le Mart, le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Trente et Rovereto, qui, en 1999, avait présenté la dernière grande anthologie consacrée à l’artiste.

Ici, aux côtés des chefs-d’œuvre, sont présentes de nombreuses œuvres jusqu’à présent considérées comme dispersées. Les années cinquante sont celles de la transition entre l’informel matériel et le gestuel de ses premières œuvres, où l’artiste a introduit l’écriture comme signe visuel et narratif, aux suggestions néo-dadaïstes des œuvres dans lesquelles il expérimente également l’utilisation du collage.
Au début des années soixante, Novelli dépassa l’informel en imaginant une nouvelle forme de figuration : la toile devint un espace de collecte et d’inventaire des signes, mots et symboles ancestraux. Les peintures sont ensuite remplies d’écrits délibérément difficiles à déchiffrer, en harmonie avec la recherche de la néo-avant-garde littéraire où sont inclus de longs passages ou fragments de phrases, des séquences numériques ou alphabétiques, des symboles isolés ou des lettres isolées, enfermés en carrés et carrés, comme dans Dizzy (1960) et Thelonious (1960), et parfois dans de vraies grilles, comme celles visibles dans The King of the Sun (1961) et The King of Words (1961).

De nouveaux espaces accueillent tout ce qui l’intéresse, de la poésie au jazz, de l’alchimie à la linguistique, de la science à la psychologie des profondeurs. Mais il est essentiel de se souvenir ici de ses voyages : après son séjour en Grèce, les montagnes devinrent un sujet récurrent dans ses peintures et furent la principale source d’inspiration.
Surgissent aussi des paysages visionnaires, des « pages blanches », un groupe assez cohérent d’œuvres, opposées en contenu, matière et couleur au tumulte du Pop Art américain. L’une des salles de l’exposition est dédiée à ces œuvres.

1968 est l’année de sa mort mais aussi celle d’une consécration à l’éternité, grâce à un geste symbolique et puissant de protestation : il tourna les tableaux de sa salle personnelle à l’Exposition internationale d’art de Venise vers le mur et apposa les mots « La Biennale est fasciste » au dos de l’un d’eux, restant dans la mémoire collective du monde de l’art parmi les protagonistes incontestés d’une saison exceptionnelle de responsabilité et de protestation.

Exposition, Gastone Novelli (1925 – 1968), Venise, Ca’ Pesaro – Galerie internationale d’art moderne, jusqu’en mars 2026.

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