Alain T. Puysségur, Le manoir de Castlecatz – tome 3 : « Le temps des Brumes »

Alain T. Puysségur, Le manoir de Castlecatz – tome 3 : « Le temps des Brumes »

Le manoir de Castlecatz raconte l’histoire de Kovhan, un jeune aspirant Moggy (race de chat au pelage tigré généralement) Sans-Griffes avec des écailles, qui va débuter au manoir de Castlecatz l’épreuve formatrice dite du « troisième quart » avec ses amis Bruyne (Angora qui adore la cuisine), Serenya (Koliat qui veut devenir Argonaute et est passionné par tout ce qui touche aux astres) et Lexios (Vangal qui parle grâce à un kantale, qui est un genre de lyre, et aime la mécanimation) ainsi que son « primordial » Grisse-Bouille (un petit animal – pour Kovhan, une grenouille dans une bulle d’eau- qui ne parle que par l’esprit avec son maître).

Une menace plane en effet sur le manoir et ses occupants, les batrapauds (des espèces de grenouille qui peuvent être très grandes comme très petites), se sont installés dans le bois de la Pénombre, aux côtés de la demeure. Mais ce n’est pas tout : la mer des Brumes se répand depuis que les batrapauds ont pris place.
Les jeunes chats devront cependant exécuter leur « asspirantissage » (stage où ils exerceront le métier de leur choix) auprès du maître qu’ils auront choisi. Kovhan, lui, va se livrer à cette expérimentation avec un Maggocatz : Larimar. Il devra ainsi se battre contre des likhoos (de grosses créatures très agiles munies de corne) puis il sauvera le village de Cavrosa, de la mer des Brumes. A son retour, il devra accomplir la fameuse épreuve du « troisième quart » : soit réaliser la traversé d’Ostara, la comète annonciatrice du printemps, avec ses amis et Dhareze. Hélas, les brumes apparaissent et les forcent à se diriger vers les redoutables « contrées », ce monde imaginaire où seul leurs esprits peuvent se rendre. Quand ils se retrouvent tous enfermés à l’intérieur de ce lieu, ils doivent alors faire appel à Xantos, le frère de Bruyne, ancien Maggocatz et Sanctumancien (maître du manoir) : mais, celui ci ayant pactisé avec un démon, se fait dévorer…

Ce livre ressemble un peu à la célèbre saga Harry Potter, où un jeune enfant sans intérêt particulier pour un moldu (un mortel sans don de magie) est envoyé à l’école de sorcellerie Poudlard dans laquelle il va apprendre la magie. Il peut aussi faire penser à La guerre des clans d’Erin hunter (Pocket Jeunesse, 2007) car s’appuyer sur les races de chats ici est une façon de représenter des affiliations claniques. Le manoir de Castlecatz renvoie de fait à la magie car les félins maîtrisent la Maggoculture (la magie des chats), la mer des Brumes désigne un brouillard qui aspire les personnes, les démons y sont des êtres impossibles. Et l’on y trouve également les contrées, les arches qui servent à passer d’un endroit à l’autre (les primordiaux), la Traversée où les protagonistes aperçoivent des fantômes de Felidae (ancêtres des chats) etc. L’auteur puise aussi dans des sources d’autres contes magiques concernant les mécanimations, ces inventions mécaniques avec un soupçon de Maggoculture excepté pour celle qui en est dépourvu  : le Golem !).

Les descriptions des mécanimations semblent tellement réalistes qu’on a l’impression qu’elles existent bel et bien. Il y a peut-être tout du long un peu trop de noms et de néologismes, ce qui peut compliquer la compréhension du lecteur. Cela étant, le roman, bien écrit, est plein de suspense et sait sans peine maintenir l’attention. Le seul moment triste intervient lors de la mort subite de Xantos (les personnages sont en général tellement attachants que cela rend encore plus triste le trépas de certains d’entre eux).
L’illustration pour sa part est magnifique et pleine de détails : on retrouve sur la couverture Dhareze et Lexios ainsi que Drac et Bidule, leurs primordiaux.

Pour toutes ces raisons, « Le temps des Brumes » devrait être, selon moi, un best-seller. Il est tout simplement fantastique. C’est mon livre préféré !

lire un extrait

Alain T. Puysségur, Le manoir de Castlecatz – tome 3 : « Le temps des Brumes » (dessin Maud Chalmel), ScriNeo, mars 2025, 564 p. – 17,90 €.

Laisser un commentaire