John Fante, Demande à la poussière

John Fante, Demande à la poussière

A l’aide du personnage clé de ce roman, John Fante déplace le conflit existentiel du héros à la condition américaine où se croise sa relation amoureuse avec la mentalité américaine : haine, désir, rapprochement, rejet deviennent le miroir des tensions identitaires et raciales. Le héros se plaint que l’aimée fait parfois un peu trop dans le mépris, se cabre en l’embrassant, la moue dure et moqueuse.
Il y a chez ce héros panique et peur, même si c’est trop pour lui : « elle était tellement plus belle que moi, et ça lui venait de tellement plus loin. À côté d’elle j’étais un étranger. », écrit le narrateur.

Ici, la Californie n’est pas seulement le décor du roman, mais l’existence dans une ville dépeinte ici avec précision. C’est du grand art qui souligne les contrastes et les contradictions. Tout se joue entre rêve et désillusions. Preuve que les mots de la Bible ramènent à ce que la dernière frontière cache, entre l’opacité du désert et celle de Los Angeles. Là où tout se joue entre dessein et destin ambigu.
Dans une écriture violente et puissante, entre dialogues et introspection. Le problème de l’identité reste ici central. Il garde plus que jamais l’actualité de la condition humaine tout entière, dans un monde couvert de poussière et sans beaucoup de racines.

jean-paul gavard-perret

John Fante, Demande à la poussière, traduit de l’américain par Philippe Garnier, 10/18, 2025, 240 p.- 7,80 €.

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