Mots lux
Que tient ensemble notre trame ? Comment survivre ? Nous avons déjà parcouru tant d’espaces. Leurs lierre s’étendent en tramant leurs tiges depuis le centre des cercles de notre réalité et de nos songes. Pour nous agripper, nos mains rattrapent des restes de phrases mais nous perdons pied dans le sol. Des salamandres aux yeux clos de jade contournent la lumière.
Dans l’ombre, elle infuse un parfum ancien où remontent les sèves du néant. Le temps pèse de sa lourde chape. Mais elle devient légère et fluide comme l’air. Souvent, les mots y restent roulés en chrysalides car quelque chose d’acide dans la gorge les empêche de sortir. Ils nous tordent jusqu’à sa fibre et s’y étouffent, prénataux. Mais que notre bouche tienne : un espoir sera prononcé.
jean-paul gavard-perret
photo : Nancy Richards