Sandrone Dazieri, Le fils du Magicien

Sandrone Dazieri, Le fils du Magicien

Parce qu’il a des résultats scolaires décevants, la mère d’Antonio veut qu’il aille travailler dans l’entreprise de son oncle, apprendre un métier. Mais, à 15 ans, l’été lui tend les bras. Il retrouve son père, un forain surnommé le Magicien car il connaît d’innombrables tours à effets garantis et sait prédire l’avenir. Alors qu’Antonio est avec lui, dans son combiné, il reçoit un appel téléphonique, ce qui étonne son fils car les appareils de ce genre ne sont pas courants à l’été 1993. La conversation inquiète son père.
Plus tard, alors qu’Antonio est dans le labyrinthe de son ami, il voit son père se disputer violemment avec une dame. C’est le lendemain qu’il apprend le drame. Son père est mort dans l’incendie de sa caravane. Une relation du Magicien demande à Antonio si n’a pas vu une boîte chez son père. Le garçon est intrigué. Quelques jours plus tard, c’est le garage, puis la maison de sa mère qui sont cambriolés. Et Antonio, du haut de ses quinze ans, convaincu que son père a été assassiné, se lance sur la piste du meurtrier…

Sur ce récit plane l’ombre du Monstre de Florence, un meurtrier en série qui défraya la chronique à partir de l’année 1968. On lui prête les meurtres de huit couples et on ignore aujourd’hui encore son identité. Mais les enquêtes menées n’ont pas été inutiles car elles ont permis de faire la lumière sur ce qui a été appelé les morts collatéraux du Monstre.
Tout en faisant œuvre de fiction, Sandrone Dazieri s’inspire, pour l’essentiel de ses personnages, de ces individus confondus lors des recherches menées dans la période 1993 – 1994. Celles-ci ont permis de résoudre un nombre impressionnant de crimes qui étaient restés sans coupables.

Avec Antonio, il met en scène un adolescent qui découvre le monde, celui des adultes avec leurs secrets, leurs duplicités et leurs perversités. Mais il aborde aussi celui de l’amour avec cette jeune fille promise à un autre. C’est également le reste de l’enfance avec les parties de ballons avec des copains. L’auteur dépeint l’univers des forains que le jeune héros fréquentait avec son père, lors des vacances scolaires, et où il a noué quelques relations.

Avec cette enquête riche en rebondissements, servie par une galerie de protagonistes tous superbement campés, Sandrone Dazieri offre un récit passionnant de bout en bout jusqu’à une conclusion originale.

Sandrone Dazieri, Le fils du Magicien, traduit de l’italien par Delphine Gachet, Éditions Robert Laffont, coll. La Bête Noire, janvier 2025, 192 p. – 18,00 €.

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