Cas cendres — Novarina

Pour Nova­rina

Dans l’alphabet en ver­mi­celle, la poé­sie bra­conne. Elle attrape chez ses ancêtres ceux qui, de leurs vieux neu­rones, char­pen­taient au Cha­blis la dou­teuse conscience à l’usage d’intranquillité. Et le nou­veau ger­main poète devint émi­gré de lui-même.
Ses mots pra­tiquent des valises emprun­tées d’une région à l’autre. S’y cachent des éphé­lides aux affronts entas­sés. En vase clos, il rêve muni de la carte de ses jours mais reste volon­tai­re­ment aussi bas que devenu rat d’eau.

Ses textes, se libé­rant, rendent céleste le corps ter­restre. Sans le dire poé­tique, l’homme n’aurait pu par­ler depuis le pois­son sans bras et les mam­mi­fères. La matière par­court tout le tra­jet ani­mal afin que l’être puisse par­ler dans la lutte des trous pour par­ler. Il mar­monne sou­dain comme un vieux singe, comme un vieux jour.
Ima­gi­nant vers l’orifice supé­rieur : les mots feignent d’être pen­sés tout bas. Le cul reste la voix du tré­fonds. Sans elle, celle d’en haut s’étouffe. Ainsi, on n’entre pas dans la langue, on y des­cend sur notre fumier. L’homme sort par son saxo du cul : il com­mence à parler.

jean-paul gavard-perret

Photo Homer Page

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