75 Dollar Bill, I Was Real

75 Dollar Bill, I Was Real

Quand tout fait sens

Après leur album consonnantique « WMMPRR », le duo – et eu égard à ce succès –  a beaucoup tourné. Cela a permis de concocter cet opus ambitieux. Il a demandé 4 ans de préparation, 4 studios différents pour respecter certaines variations et typologies d’un travail d’exigence. Accompagné de Che Chen, Rick Brown qui fut un des batteurs phares de groupes du rock underground new-yorkais de la fin du siècle passé (« Fish and Roses », « Run On », « Timber ») retrouve des ambitions expérimentales entre No Wave, blues minimaliste, ballades et riffs obsessionnels.
Che Chen à la guitare les tricote dans des nappes atmosphériques subtiles et trans.

Ils sont accompagnés ici de 8 musiciens pour proposer une suite de recherches aussi premières que travaillées afin d’explorer bien des recoins de la musique pop. En émanent divers échos. Le groove et les mélodies viennent autant des USA que des terres ancestrales de l’Afrique comme des îles britanniques.
En surgissent des variation premières mais revisitées comme dans « Every Last Coffee or Tea » et sa mélodie unisson. Un autre champ d’expérimentation est présent – dont le morceau le plus long et le plus intéressant de l’album « I Was Real » – en des collages ambitieux.

Le même principe est repris dans « New New » afin de donner aux boucles un caractère hypnotique. Dans cet album sans doute difficile car aventureux et sans complaisance, tout fait sens. Les artefacts empruntés sont au service de la pop la plus ambitieuse et la moins condescendante. Elle reconstruit et revisite les arcanes de la musique pour l’entraîner dans divers jeux de torsions lancinantes.

jean-paul gavard-perret

75 Dollar Bill, I Was Real, label Tak/til, Glitterbeat, Differ-Ant, 2019.

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