Serge Le Tendre & Jean-Michel Ponzio, Terminus 1 – t.1 : « L homme à la valise »

Serge Le Tendre & Jean-Michel Ponzio, Terminus 1 – t.1 : « L homme à la valise »

La planète au trésor !

C’est Serge Le Tendre qui est aux manettes de ce scénario, une aventure spatiale publiée en 1959 dans la mythique collection Anticipation de Fleuve Noir, sous le numéro 130. Ce roman est le dixième sur les onze que publia Stefan Wul entre 1956 et 1959.
Ce Planet Opera reprend nombre d’éléments courants de la science-fiction tels que la télépathie, la course dans les étoiles, les vaisseaux interplanétaires…, ainsi qu’une kyrielle d’extraterrestres tant dans la faune que dans la flore. Mais on retrouve, également, les classiques du roman d’aventures avec un baroudeur aux capacités fort développées, sur la piste d’un trésor, entraîné dans un ensemble de traîtrises bien orchestrées. S’ajoutent une histoire sentimentale dans un cadre exotique et un cimetière d’astronefs dont on attend beaucoup de l’illustration que pourra en faire Jean-Michel Ponzio.
Le trésor, objet de la convoitise de Marge, préfigure déjà ce qui se vit au début du XXIe siècle avec la course aux métaux et surtout aux métaux rares indispensables pour nombre d’applications technologiques nouvelles.

Deux enfants visitent, en compagnie de Diaz, un vieil homme, la fondation Natividad sur la planète Luxale. Ils terminent par l’Arbre-homme de la planète Walden. Il entreprend, pour répondre à la question de la petite fille, de raconter sa version, la plus ancienne, sur l’origine de la fortune de madame Natividad.
Tout commence sur la planète Argole. Une partie de cartes se termine mal pour Julius qui est accusé de tricherie. Il doit fuir, se défendre. Seulement, il a une particularité. Piqué par des guêpes d’or de la planète Scorbale, il est télépathe, une télépathie qui se manifeste, cependant, de façon aléatoire. Il se réfugie dans un appartement qui lui semble vide. Il tombe sur Marge et ils se reconnaissent. C’est une ancienne aventurière, une légende de la navigation interplanétaire au passé sulfureux. Celle-ci voit tout de suite, dans ce garçon, une opportunité. Elle le cache de ses poursuivants, des poursuivants qu’elle commande, d’ailleurs. Le lendemain, elle lui fait une proposition. Handicapée physiquement, elle a besoin d’un type dans son genre pour aller mettre la main sur une quantité colossale de palladium, un métal rare. Julius, tenté par l’aventure, s’embarque pour la planète Walden où, dans un gigantesque dépotoir d’astronefs, se trouve ce trésor d’un genre nouveau.
Mais, sur le vaisseau, pendant le long voyage, des événements imprévus vont mettre le projet en danger.

Parlant de la science-fiction, Stefan Wul, qui en avait une approche artistique voisine de celle de la peinture, disait s’intéresser beaucoup aux odeurs, aux couleurs et aux formes, aux paysages et animaux merveilleux. Cet esprit se retrouve dans le scénario de Serge Le Tendre, mais surtout dans le dessin réaliste de Jean-Michel Ponzio qui redonne vie à la conception que le romancier avait de ce genre littéraire. Dans cet album, il privilégie l’approche humaine mettant en scène les personnages avec son brio habituel.
L’Homme à la valise, ce premier tome du diptyque emporte l’adhésion et fait attendre la suite avec impatience.

serge perraud

Serge Le Tendre (scénario) & Jean-Michel Ponzio (dessin et couleur), Terminus 1, t.1 : « L’homme à la valise », coll. Les Univers de Stefan Wul, Ankama, mai 2016, 56 p. – 13,90 €.

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