Philippe Aymond, Lady S – t.10 : « ADN »

Philippe Aymond, Lady S – t.10 : « ADN »

L’espionnage, toujours…

Lady S est l’espionne par excellence. Issue d’un passé compliqué, elle ignore sa véritable nationalité, ses véritables géniteurs. Mais est-elle maîtresse de sa vie ou victime de circonstances ? Elle se retrouve régulièrement la cible de chantage de la part de services secrets et/ou d’officines discrètes. Menacée de toutes parts, elle sait trouver des alliés, des ressources pour se sortir des mauvais pas où les missions qu’on lui confie l’entraînent.
Centaure, entre Douvres et Calais, négocie auprès du Général l’effacement de l’ardoise judicaire et le retour parmi les vivants de Shania Rivkas, dite Lady S. Quelques jours plus tard, Liszt, l’agent du contre-espionnage allemand, s’évade de l’hôpital psychiatrique où on le tenait enfermé. À Londres, Shania refuse l’offre d’Orion, voulant rentrer aux USA retrouver son père. Celui-ci est venu à Berlin pour un congrès scientifique. À Camp David, auprès de la Présidente, James Fitzroy tente de plaider la cause de Shinia qui ne peut plus rentrer aux États-Unis depuis qu’elle est soupçonnée d’appartenir au KGB. La solution consiste à demander l’asile politique en tant que fille de réfugié. Comme elle était déclarée morte, pour prouver qu’elle est bien l’enfant d’Abel Rivkas, il faut un test de paternité, un test ADN. Si cela semble simple, ce n’est pas le cas, car…
Commence alors pour Shania et son père, rattrapés par leur passé, un combat où se mêlent les services secrets américains et allemands.

Créée par Jean Van Hamme, Lady S. est une héroïne qui évolue dans ce monde moderne où les intérêts des nations sont souvent contradictoires. Ce qui est initié par un pays, généralement pour sa suprématie ou son enrichissement, déclenche des réactions, car d’autres en subissent les contrecoups. Si ce sont les diplomates qui, en principe, sont en première ligne pour régler ces conflits, aplanir les tensions, ils sont fortement aidés dans leurs négociations s’ils disposent de monnaie d’échange. Et ces monnaies sont générées par des femmes, par des hommes, qui agissent les mains dans « le cambouis », par idéal (rarement) ou par l’attrait d’une copieuse rémunération.
Jean Van Hamme abandonne progressivement ses fonctions de scénariste. C’est donc naturellement Philippe Aymond, qui s’est déjà illustré dans l’écriture avec le splendide diptyque Highlands chez Dargaud, qui assure le scénario de cet album. Il offre un récit tonique, riche en actions et en rebondissements et s’inscrit tout à fait dans l’esprit de la série avec les éléments qui en ont fait son intérêt. Le graphisme reste toujours réaliste et dynamique. Il se bonifie, par contre, dans la mesure où l’auteur s’inscrit dans ce qu’aime faire le dessinateur.
ADN est un nouvel opus très attractif qui fait de Lady S une série de bande dessinée d’espionnage de haute qualité.

serge perraud

Philippe Aymond (scénario et dessin), Sébastien Gérard (couleurs), Lady S, tome 10 : « ADN », Dupuis, novembre 2014, 48 p. – 12,00 €.

 

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