Marion Montaigne, Nos mondes perdus

Marion Montaigne, Nos mondes perdus

Comment a-t-on connu les dinosaures ?

Comment, à partir de fossiles, des humains ont-ils déduit que la Terre avait été habitée par des espèces impressionnantes ? Qui a inventé le terme de dinosaure ? Marion Montaigne répond…

Tout commence en 1993 quand, adolescente, l’auteure revoit pour la cinquième fois Jurassic Park. Ce film la marque, l’amène à réfléchir sur des questions fondamentales telles que la vie, la mort, la relativité des choses et des événements. Le temps passe et, fascinée par les films catastrophes, elle finit par réaliser, après de bonnes doses d’angoisse, que les histoires racontées dans ces productions sont très discutables d’un point de vue scientifique.
Elle va alors traquer des informations, se documenter aux meilleures sources, se spécialiser dans la vulgarisation scientifiques pour comprendre comment l’humanité a évolué. Elle va chercher à retracer l’évolution des connaissances, comment ont été posées les bases de la paléontologie.

Elle découpe son album en six chapitres aux titres très évocateurs de l’esprit de ses recherches, commençant pour illustrer les découverte des premiers fossiles par : « Où l’homme comprend que les fossiles ça ne se mange pas. », ou encore : « Où les Américains dynamitent notre représentation des dinosaures. »
Marion Montaigne s’emploie à expliciter la suite des découvertes plus ou moins erratiques menées par des scientifiques, des curieux, depuis le début de l’humanité. Elle part des premiers habitants confrontés à des trouvailles étranges, puis trace le lent cheminement vers une connaissance plus ou moins élaborée en fonction des époques et des contextes.

Elle qui aurait souhaité une carrière scientifique aborde avec passion un volet qui interroge sur un futur probable. Quelles traces l’humanité d’aujourd’hui peut-elle laisser dans l’avenir ? Quid des bâtiments construits avec des matériaux dégradables rapidement, des œuvres qui ne survivront pas à un environnement rendu difficile par trop de chaleur ou de froid ?
Avec une narration mêlant gags et données scientifiques, elle remet à plat les connaissances sur ces dinosaures qui occupent une place de choix dans l’imaginaire. Elle pose les différentes étapes de ce volet scientifique ; de trouvailles en tâtonnements, elle montre la progression de la pensée dans ce domaine, les fondateurs français tels que Buffon et Cuvier, les britanniques Buckland et Owens… Mais, elle dénonce l’ego de ces messieurs pour écarter une concurrence surtout féminine.

Le graphisme qui n’emprunte pas à l’académisme offre une belle palette pour la mise en scène de nombreux gags. Un livre-graphique sur l’étude d’un volet scientifique, le cheminement de chercheurs et l’intérêt de tels domaines. Passionnant!

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serge perraud

Marion Montaigne, Nos mondes perdus, Dargaud, novembre 2023, 208 p. – 24,50 €.

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