Jean Lebrun, Notre Chanel
Une biographie qui n’en est pas une, mais à la fois divertissante et touchante
Cette réédition augmentée d’un livre initialement publié chez « Bleu autour » contient, dans ses annexes, un texte qui aurait été mieux placé en préambule. Jean Lebrun y évoque son heureuse surprise d’avoir reçu le Prix Goncourt de la biographie pour un ouvrage qui n’en est pas une.
En être prévenu vous évitera la déception : de fait, sur le plan proprement biographique, concernant Chanel, le livre ne contient pas grand-chose qui soit inédit et qui offre un intérêt réel. La principale “découverte“ de l’auteur consiste à présenter les liens que le jeune Robert Bresson eut avec Chanel comme déterminants pour son œuvre à venir, si bien que Les Anges du péché, Les Dames du Bois de Boulogne et même Mouchette seraient inspirés de Coco ! (Je ne suis pas la seule à trouver cette thèse cocasse : Pierre Assouline n’y souscrit pas non plus, dans l’article pourtant laudateur au possible que Jean Lebrun a inséré parmi les annexes.) Mais il y a pire – ou mieux, selon le point de vue qu’on adopte : les témoins, dont certains n’ont même pas croisé Chanel, comme l’aimable dame qui a racheté son château béarnais, ou l’historien local, occupent dans le texte plus de place que la grande couturière. En être prévenu vous permettra de bien vous divertir à la lecture de cet assemblage de portraits amusants ou attendris et de potins fournis par une kyrielle de commères des deux sexes, dont certaines célèbres (Boris Kochno et Alain Cuny).
Outre l’aspect divertissant, le livre en offre un autre, touchant, qui vient du fait qu’initialement, il s’agissait d’un projet du défunt compagnon de l’auteur, Bernard Costa, et qu’ils ont recueilli les témoignages à deux. Costa est très présent au fil des pages, évoqué avec nostalgie par celui qui lui a survécu et qui souffre toujours de l’avoir perdu. Le récit de la fin de leur vie commune est particulièrement poignant, Bernard Costa ayant eu la malchance d’être contaminé par le sida à une époque où non seulement on était voué à en mourir, et vite, mais l’on était tenu pour pestiféré jusque par certains médecins.
Jean Lebrun n’est jamais aussi bien inspiré (du moins à mon sens ; les jurés du Goncourt ne seraient sans doute pas d’accord) qu’aux moments où il parle de son Bernard, et on ne saurait lui reprocher d’avoir mêlé les photos de Costa et de son chat à celles de Chanel : ce qui sauve le livre, c’est précisément l’irrépressible conviction de l’auteur que son bien-aimé mérite sinon l’amour, du moins l’estime et la compassion de tous les lecteurs.
agathe de lastyns
Jean Lebrun, Notre Chanel, éd. Fayard/Pluriel, mars 2016, 317 p. – 9,00 €.
One thought on “Jean Lebrun, Notre Chanel”
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