Jean d’Aillon, L’Archiprêtre et la cité des Tours

Jean d’Aillon, L’Archiprêtre et la cité des Tours

Ce livre est le premier volume d’une série consacrée au temps de Charles V (1338 – 1380). Il est suivi de La Rançon du roi Jean et de Les Assassins d’Étienne Marcel. Ces deux derniers volumes forment un roman Les Vilenies de Charles le Mauvais.

C’est le 29 décembre 1356 que Charles IV de Luxembourg, empereur germanique, reçoit son neveu Charles, dauphin du royaume de France. Celui-ci vient solliciter une aide financière de cent mille florins. Son oncle consent à lui remettre 65 000 florins à condition d’être libre en Provence pour prendre sa revanche et enlever la province à Jeanne Ire qui règne sur le royaume de Naples et le comté de Provence. Mais, il ne veut pas apparaître quand il lâchera Arnaud de Cervole, dit L’Archiprêtre, le capitaine de la Societa dell’asquisto, le pire des soudards à la tête d’une compagnie de mercenaires s’adonnant aux plus horribles excès.
Trois cités, la ville comtale, le bourg Saint-Sauveur et la cité des Tours se sont réunies pour composer tout récemment la capitale du comté Aguesi (Aix). Devant la menace, elles sollicitent un prêt auprès de Florence pour armer des soldats…

La réunion de cités est une évolution fondamentale pour s’affranchir des vieilles lois féodales et accéder à plus d’autonomie. Cette nouvelle capitale veut aussi se libérer de l’emprise de la reine de Naples, du pape Innocent VI et de Charles IV. Dans le contexte de la guerre de Cent Ans qui oppose les royaumes de France et d’Angleterre, des luttes internes, sur des territoires voisins, troublent les situations et rajoutent à l’insécurité des populations. De plus, la Provence est une terre stratégique objet de très nombreuses convoitises.
Jean d’Aillon fait revivre quelques personnages de l’époque comme Arnaud de Cervole à la réputation cruelle. Il supplicie et décime les populations ne laissant derrière lui que vierges, veuves, religieuses éventrées. Jeanne, que Charles IV appelle Jeanne la Catin, est une figure tragique de l’histoire provençale. Complètent les grands acteurs de l’époque le pape Innocent VI, qui est tout sauf innocent, et Charles IV qui rêve d’étendre son empire comme des milliers de dictateurs avant lui et après lui, hélas !

L’auteur met en scène une belle galerie de protagonistes locaux, des soldats, des magistrats, des commerçants… Et il entraîne ses lecteurs dans un maelstrom de péripéties toutes appuyées sur des faits réels. Se succèdent et s’entrecroisent emprisonnements, assassinats, évasions, trahisons, combats de toutes natures… Le siège final est raconté avec une belle science du récit.
Avec ce nouveau roman, Jean d’Aillon développe une partie de la construction de la Provence, de la ville d’Aix tout en détaillant avec maestria toutes les rivalités qui s’exacerbaient.

Jean d’Aillon, L’Archiprêtre et la cité des Tours, Éditions 10/18, coll. Polar, mai 2025, 456 p. – 9,50 €.

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