François Rollin, Les Dictées loufoques du professeur Rollin
Un recueil pour éviter bien des écueils orthographiques
Ce petit recueil, composé de cinquante dictées, suivies d’un commentaire plus ou moins long sous forme de « leçon de grammaire » mais à la façon du professeur Rollin ou autres digressions comico-absurdes (orthographe aléatoire), permettra aux lecteurs de s’y retrouver parmi les si nombreuses règles et quasi tout aussi nombreuses exceptions à ces mêmes règles de l’orthographe française.
De l’accord des adjectifs de couleur à la graphie des mots terminés par le son –sion, en passant par les différentes orthographes des mots en –ar (au nombre de sept, comment voulez-vous vous y retrouver dans ce bazar sans l’aide du hasard, si l’on précise qu’il y a en plus des homophones trompeurs tels que rencard/rancart, pour ne citer que ces deux-là ?), la présence ou pas de l’accent circonflexe, le choix entre les accents aigu ou grave, la règle régissant le pluriel des noms composés, un casse-tête que je me garderais bien de mettre au pluriel même si le « professeur émérite ès-tout » les affirme « d’une simplicité biblique puisqu’elles relèvent du pur bon sens » (je me demande alors pourquoi l’on écrit grands-pères mais grand-mères, alors que l’on accepte grands-tantes et grand-tantes ?) ; les adverbes en –ment (en étant personnellement friande, ce passage m’a particulièrement intéressée) ; le genre de certains mots (petit défi au lecteur : un ou une aparté, antidote, anagramme, épithète, échappatoire, alvéole, sachant qu’il y a un piège ?), rira bien qui rira le dernier ; le choix entre –y et –i (une mine, quand comme moi, on doit réfléchir à deux fois avant d’écrire bicyclette), sans parler de l’éculé mais non moins décrié accord du participe passé.
Bref, il y a largement là-dedans de quoi s’arracher tous les cheveux de la tête, même si la « Grande Réforme » de 1990 tend à simplifier un peu tout cela en accordant graphie et prononciation, comme dans le cas de évènement (anciennement événement) ou de règlementaire (ex réglementaire), et à supprimer quelques accents circonflexes illégitimes comme ceux de diner ou paraitre (qui l’eût cru ?). Pour terminer et pour rire, le professeur nous propose une liste des mots qui rapportent le plus au Scrabble, comptant donc force K, Y, X, W ou autre Z, ainsi qu’une « dictée du footballeur », avec son orthographe « toute personnelle ».
Le professeur Rollin (avec deux « L ») doit être remercié, car rien de tout ce qui est rappelé ici avec humour et simplicité ne relève vraiment du b.a.-ba (mot invariable), et chacun trouvera dans la section idoine les rappels qui lui éviteront l’écueil (et non l’éceuil, encore moins l’écueuil).
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agathe de lastyns
François Rollin, Les Dictées loufoques du professeur Rollin, La Martinière, octobre 2015, 132 p. – 13,00 €.