Elle court… elle court… l’opérette

Elle court… elle court… l’opérette

Le meilleur est plus présent que le pire ici

L’opérette souffre d’une réputation de genre trop léger et désuet, qu’on peut trouver justifiée ou totalement injuste, selon les œuvres auxquelles on songe. Les Editions Montparnasse ont eu l’idée de réunir les huit émissions télévisées (sans commentaire) que Jean-Claude Dauzonne lui avait consacrées en 1981-1982, qui réservent aux spectateurs nombre de bonnes surprises.
Pour commencer, avisons les amateurs de grandes voix d’opéra qu’on peut revoir ici des divas comme Jane Rhodes, Mady Mesplé et Christiane Eda-Pierre, toutes les trois magistrales dans les airs d’Offenbach, Strauss ou Gershwin qu’elles interprètent (entre autres). Rien que pour elles, cela vaut la peine d’acquérir ce coffret. Moins célèbres, le baryton Claude Calès – brillant – et la basse Marc Vento – dont l’intensité dramatique contraste très agréablement avec la dominante légère des interprètes d’autres airs -, méritent d’être (re)découverts. Anne Forrez, qui n’a pas fait la carrière qu’elle méritait, apparaît virtuose, pleine de charme et d’un raffinement surprenant dans un air des Cent vierges, nous faisant regretter de ne pas pouvoir passer un plus long moment à l’admirer. Philippe Bohée, Christian Jean et Dominique Tirmont forment un trio très plaisant pour chanter Les Mousquetaires au couvent ; j’avoue avoir moins apprécié certains numéros du groupe de Tirmont, les Poivre et Sel, dont la cocasserie tombe facilement dans le cabotinage et le mauvais goût.

L
es amateurs de l’ancienne génération seront certainement ravis de trouver ici de nombreux morceaux chantés par Georges Guétary. Leur sélection n’est pas forcément à l’honneur de la vedette : autant Guétary est appréciable dans “Ah ! si j’étais riche“ (Le Violon sur le toit), autant il déçoit en interprétant “La bohème” (Monsieur Carnaval) d’une façon mièvre frôlant le ridicule, qui pourrait servir d’exemple, par comparaison avec la version d’Aznavour, pour bien faire entendre la différence entre un grand chanteur et un médiocre.
En revanche, Marie-Thérèse Orain se montre toujours époustouflante, son interprétation – le chant comme le jeu – tirant même des paroles franchement vulgaires de riches effets d’humour décalé. En matière de “vraie“ artiste d’opérette, elle est à mon sens la reine du coffret. Virginia Vee émerveille également, dans un autre style, proche de l’esprit des musicals américains.

E
n somme, le meilleur est plus présent que le pire dans cette série d’émissions sur l’opérette qui pourraient donner aux néophytes l’envie de se familiariser avec l’art lyrique en général. Un petit reproche concernant l’édition : sur ces DVD, un chapitre équivaut à une émission entière, ce qui nous laisse sans moyen de retrouver facilement les airs qu’on aimerait réécouter. A bon entendeur…

agathe de lastyns

Collectif, Elle court… elle court… l’opérette, Montparnasse, août 2012, coffret de 2 DVD, durée totale : 5h54’ – 20,00 €

3 réflexions sur « Elle court… elle court… l’opérette »

  1. A noter aussi, les apparitions dans l’émission de Carole Clin qui aujourd’hui présente dans la production de « Sister act » est toujours aussi talentueuse et – comment fait-elle?- aussi jeune! Bravo à cette belle artiste!

  2. Je découvre , avec surprise qu’il existe un coffret de « Elle court..Elle court …l’Opérette  » dans laquelle je fais une apparition en interprétant un air des Cent Vierges !…
    Comment me le procurer ?
    J ‘irai a tout hasard voir à la FNAC !!!!!
    au bas de ce document il est proposé 20 euros !!!
    Je suis touchée par le très beau commentaire que je viens de lire !
    Peut être pourrez vous me répondre ,

    bien cordialement ,
    anne Forrez.

    1. bonjour à vous

      je pensais que ce message était pour la personne qui m’adressait ce merveilleux compliment , j’aurais préférer qu’il ne figure pas ici !

      d’avance je vous remercie de le retirer !!!!!

      Bien cordialement ,

      Anne Forrez .

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