PRINTEMPS DES POÈTES

 RENDEZ-VOUS DUAU 25 MARS 2024 

POUR UNE ÉDITION SOUS LE SIGNE DE LA GRÂCE et qui aura pour par­rain SYLVAIN TESSON

Biblio­thèque de l’Arsenal – 1 rue de Sully – Paris IV

LA GRÂCE

PAR SOPHIE NAULEAU

Pour les 25 ans du Prin­temps des Poètes, quel emblème arri­mer à la sep­tième lettre de l’alphabet, dans l’écho de L’Ardeur, de La Beauté, du Cou­rage, du Désir, de L’Éphémère ou des Fron­tières ?

Quel vocable de fière lignée, qui soit tout aussi dérou­tant, ins­pi­rant que vaste, à la fois doté d’un sens ascen­dant capable d’éveiller les voix hautes et valeu­reuses, mais lesté cepen­dant d’injonctions brus­quées, franches et quelques fois fatales ?

Ce sera donc La Grâce, avec son accent cir­con­flexe qui hausse en un ins­tant le ton. Autre­ment dit La Grâce dans tous ses états, du plus sublime à celui, bru­tal et défi­ni­tif, qui fou­droie sur le coup.

De grâce implorent à jamais les amants des tra­gé­dies, alors que Joa­chim du Bel­lay décèle chez Mar­gue­rite de France cette grâce et dou­ceur, et ce je ne sais quoi… Ce je ne sais quoi qui ne ces­sera, siècle après siècle, de chan­ger de registre, d’appeler à la trans­cen­dance ou à la dis­so­nance, jusqu’à Michel Houel­le­becq, maître du contre-pied : Dans l’abrutissement qui me tient lieu de grâce.

Car La Grâce n’est pas que divine ou bénie, pas que gra­cieuse, éva­nes­cente ou mièvre, pas que céleste et inexprimable.

Il y a bien sûr la bonne ou la mau­vaise grâce rim­bal­dienne, la grâce conso­lante de Ver­laine, la grâce char­nelle d’Éros, la grâce d’union mys­tique, la grâce du cœur et de l’esprit de Max Jacob mort à Drancy, qu’a célé­bré Éluard. Il y a ce chant de grâce pour l’attente, et pour l’aube plus noire au cœur des althæas, qui chez Saint-John Perse, et ces fleurs de gui­mauve claires, ampli­fie à des­sein le mystère.

Mais il y a sur­tout cet état de grâce de la parole, et du corps tout entier, que connaissent les poètes autant que les ath­lètes ou les aventuriers.

Il est temps d’affûter nos âmes pour que la créa­ti­vité, l’allégresse et la splen­deur, comme on le disait des Trois Grâces de la mytho­lo­gie, trans­cendent nos ima­gi­naires et nos vies, quelles que soient les heures téné­breuses ou solaires.

À paraître : Mais de grâce écou­tez / Actes Sud, 28 février 2024

Le Par­rain

Syl­vain Tesson

Arpen­teur d’altitude, de steppes, d’à-pics et de poé­sie, Syl­vain Tes­son est le par­rain des 25 ans du Prin­temps des Poètes

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