François Corteggiani & Christophe Alvès, Lefranc — t.34 : “La route de Los Angeles”

Pris dans une machination…

Les héros ne vieillissent pas, c’est bien connu. Et Guy Lefranc n’échappe pas à la règle. Il est tou­jours aussi frin­gant à presque soixante-dix ans. En effet, sa pre­mière aven­ture, La grande menace est parue en jan­vier 1954.

À Beverly Hills, John Lee Dikop veut convaincre la célèbre actrice Mar­ga­reth Mor­ri­son de don­ner son nom à une marque, avant de dis­pa­raître.
Au Globe, quelques jours plus tard, Bob Gar­cia se vante devant Méla­nie d’aller chez Mar­ga­reth Mor­ri­son avant de rétro­pé­da­ler et d’avouer qu’il ne connaît qu’Estelle Roma, la dou­blure de la star. C’est elle qui pose pour la lin­ge­rie, qui assure les spec­tacles dans les clubs et caba­rets de luxe. C’est en sor­tant du Dra­gon Lady qu’Estelle est enle­vée.
Lorsque Bob veut la ren­con­trer, chez elle, per­sonne ne répond. Il frappe tant et plus à la porte qu’une voi­sine sort et lui dit que cela fait quelques temps qu’elle n’est pas ren­trée. Et cette voi­sine informe un mys­té­rieux cor­res­pon­dant de cette visite. Quand Bob appelle Guy pour lui racon­ter ses déboires, un gar­çon d’étage se pré­sente. Guy entend des coups de feu. Il décide alors que par­tir pour Los Angeles comp­tant sur l’aide d’un agent de la CIA qu’il a connu en Corée…

Cette fois-ci, le reporter-enquêteur est confronté à une machi­na­tion qui se déroule sur le sol des États-Unis, à Los Angeles, même si les racines se situent ailleurs. Le scé­na­riste ins­crit dans son intrigue des élé­ments rela­tifs à la vie de Mari­lyn Mon­roe, cette star qui a par­tagé une liai­son sul­fu­reuse avec le Pré­sident du pays, et à sa mort par sui­cide, selon la ver­sion offi­cielle.
À par­tir de ces quelques don­nées, Fran­çois Cor­teg­giani déve­loppe des intrigues secon­daires per­met­tant une impli­ca­tion du héros qui va être la cible de ten­ta­tives d’assassinats, de tra­hi­son. Le récit met en avant le rôle des dou­blures, ces per­sonnes suf­fi­sam­ment res­sem­blantes pour rem­pla­cer l’original et don­ner le change. La dou­blure dans l’industrie ciné­ma­to­gra­phique a une place impor­tante, peu valo­ri­sée. Plus près d’ici, le scé­na­riste cite Scilla Gabel, une star­lette ita­lienne dou­blure de Sophia Loren. Il construit une intrigue suf­fi­sam­ment tor­tueuse qui offre un bel inté­rêt.
Un dos­sier en hom­mage à Fran­çois Cor­teg­giani, décédé en sep­tembre 2022, com­plète l’album avec des pages de scé­na­rii, des pho­tos prises lors de repérages…

Le des­sin de Chris­tophe Alvès s’inscrit dans la charte de la série, conti­nuant le gra­phisme des pre­miers albums, un pre­mier album, d’ailleurs, qui a été lar­ge­ment guidé par une bande des­si­née d’Edgar P. Jacobs.
Chris­tophe Alvès retrouve la façon de des­si­ner, un trait effi­cace, tra­vaillé. Il dresse des décors attrac­tifs et glisse quelques détails cocasses. Dans une vue des stu­dios de cinéma, des acteurs sont gri­més et cos­tu­més comme Alix, Jhen… Et, dans la der­nière vignette il livre un bel hom­mage au scé­na­riste.
Un album dans l’esprit de la série, effi­cace, dyna­mique, qui se lit avec grand plaisir.

serge per­raud

Fran­çois Cor­teg­giani (scé­na­rio) & Chris­tophe Alvès (des­sin et cou­leur), Lefranc — t.34 : La route de Los Angeles, Cas­ter­man, sep­tembre 2023, 56 p. — 12,50 €

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