Francesco Mercadante, C’est l’été
Plages en carabistouille
Le réel (charnel, sensible, érotique) est métamorphosé par cette transposition photographique. Elle fait mine d’accéder tant à l’existence symbolique qu’à la déréalisation du monde dans la coagulation des représentations.
Il ne s’agit plus de visions mille fois rencontrées mais de productions déstabilisant le prêt-à-voir. Mercadante fait preuve d’un imaginaire plus radical que jamais sans ce gonflement agressif des plumages formels exceptionnels.
L’artiste, face aux têtes molles de la photographie, livre ainsi un combat qui n’est pas seulement celui de coqs.
Se ressent l’amour des plages, non sans une certaine dérision dont chaque photographie sert de miroir. Que pouvons-nous y contempler ? La question reste ouverte dans cette hybridation presque farcesque et capsulée afin de montrer la chair couveuse, la chair qui attend. Sans doute toujours intime et qui révèle en dedans un désir (quel qu’en soit le genre) trop grand.
jean-paul gavard-perret
Francesco Mercadante, C’est l’été, L’oeil de La Photographie, Paris, septembre 2023.

One thought on “Francesco Mercadante, C’est l’été ”
Oui, étrange photo qui pose plus questions qu’elle n’apporte de réponse.