Le Joueur (Dostoïevski / Philippe Cotten)
Robe de chambre, lunettes de soleil, l’orateur regarde le public éberlué. On assiste d’abord à une longue scène de présentation, qui brosse un rapide portrait des personnages : Paulina Alexandrovna, le Général, le Français, et le narrateur, qui se caractérise par son ingéniosité et son amour inconditionné pour Paulina Alexandrovna. C’est elle qui lui demande d’aller au casino pour la sortir de son embarras financier.
À partir de là, tout ira très vite. Le personnage se prend au jeu ; il aime le tourbillon de la société prestigieuse à défaut d’être riche, se nourrit des frasques de ces personnages hauts en couleur, aspire à élever son niveau social, se jette dans les affres et les risques de son amour, se montre toujours du plus grand enthousiasme.
Tout cela est bien fait, bien senti, de l’illustration musicale au jeu dynamique et surprenant d’Aurélien Pfiffaretti, mais prend tant de liberté avec Dostoïevski qu’on assiste à un show dont le texte risque de ne plus consister qu’en un prétexte à la démonstration des qualités personnelles du comédien, capable de multiplier les accélérations verbales et tantôt d’interpréter simultanément plusieurs personnages d’un même dialogue.
Il s’agit certes d’une belle prestation, agrémentée de chansons à texte, dont la teneur elle aussi est bien choisie. Finalement, on en retient une prouesse qui tourne à la bouffonnerie, qui constitue un bon divertissement.
Un show baroque, façon badinerie, séduisant mais (ou parce que) foutraque.
christophe giolito
Le Joueur
Seul en scène adapté de Dostoïevski
Mise en scène Philippe Cotten
Avec Aurélien Piffaretti
Du 14 au 16 décembre 2022 à 19h au Nouveau Théâtre de l’Atalante
10 place Charles Dullin 75018 Paris Durée 1h30

One thought on “Le Joueur (Dostoïevski / Philippe Cotten)”
Une des pires mises en scène de Dostoïevski que j’ai pu voir.
L’auteur se retournerait dans sa tombe à la vue de cette « adaptation ».
Quand on veut faire n’importe quoi avec une œuvre, eh bien on dit que l’on fait une « performance », et il faut donc s’attendre à tout et surtout au pire, au risque de devoir montrer son s*xe au public.
Je ne vois aucun lien avec Dostoïevski, si ce n’est le texte qui est raconté avec une mauvaise diction, ou alors qui est crié pendant la moitié du spectacle.
Des costumes sans logique, ah si ! on enfile parfois un manteau de fourrure (pour dame) pour « faire russe ».
Des chansons et de la musique qui n’ont rien à voir avec l’atmosphère, l’époque ou le sens des paroles, et pourtant j’aime Elvis Presley.
On est loin loin looiiin des questions philosophiques et profondes que posent Dostoïevski dans cette œuvre…
Si vous voulez écouter quelques chansons sans rapport avec l’œuvre, voir un p*nis, écouter des cris, et quelqu’un qui déblatère un texte, alors allez-y quand même…