Michael Tewes, Auto Land Scape

Le prix que l’autoroute exige de la nature et de l’homme

L’auto­route façonne à la fois les pay­sages et la mémoire col­lec­tive de la Répu­blique fédé­rale d’Allemagne.
En même temps, c’est un moyen d’arriver d’un point A à un point B le plus rapi­de­ment pos­sible, sans avoir à y prê­ter atten­tion ni même à y penser.

L’artiste ber­li­nois Michael Tewes veut chan­ger cela et a créé des ins­tan­ta­nés soi­gneu­se­ment mis en scène. Ils cap­turent ce qui passe autre­ment devant le spec­ta­teur.
Il s’agit d’une enquête visuel­le­ment puis­sante sur le plus grand pro­jet de construc­tion d’Allemagne qui eut comme point d’origine la pro­pa­gande nazie.

Les images de Tewes per­mettent de prendre posi­tion dans ce no man’s land.
Le pho­to­graphe envi­sage et dévi­sage la grande pro­messe de liberté d’un lieu qui trans­porte ses uti­li­sa­teurs vers l’horizon sans limites de vitesse (en RFA tout au moins…)

Inévi­ta­ble­ment, cepen­dant, nous fai­sons aussi l’expérience du prix que l’autoroute exige de la nature et de l’homme. Bar­rières anti­col­li­sions en acier, taches d’huile scin­tillantes sur des sur­faces scel­lées, eau de crue sale pei­gnant une aqua­relle sur des piliers de béton.
Mais il y a aussi des vaches sous des chapes de béton pour y trou­ver une étable de fortune.

jean-paul gavard-perret

Michael Tewes, Auto Land Scape, textes de Marietta Schwarz, Tho­mas Zel­ler, Hatje Cantz, Ber­lin, 2022, 180 p.

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