Didier Ayres, Cahier Expérience, 16 – et dernière

Les textes qui forment le cahier Expé­rience ont été conçus pour la publi­ca­tion vir­tuelle sur la Toile. Ils sont donc un exer­cice de la vélo­cité, au pré­sent. Cela n’enlève en rien le tra­vail de recons­truc­tion du livret depuis le manus­crit, réservé exclu­si­ve­ment au Web. J’ai pensé que cette aven­ture litté­raire en ligne se rap­pro­che­rait peut-être de l’écriture de Paci­fic 231, sorte de calque de la musique savante sur un objet de la moder­nité, ici dans le sens inverse, créée pour, vers une tech­no­lo­gie comme sup­port.
Je tra­vaille donc au fur et à mesure pour livrer ces textes, qui sont des points de vue par­fois abs­traits sur ma connais­sance du monde.

Comme les vraies sai­sons sont lentes et comme les mon­tagnes sont arides

Pierre Jean Jouve

Pour cette der­nière expé­rience par­ta­gée, je veux dire quelques mots au sujet de la nature et de sa force motrice. C’est une expé­rience du croire.
C’est se sen­tir, sen­tir en soi le souffle pro­di­gieux de la crois­sance des arbres, qui pour moi se véhi­cule jusqu’à l’azur.

Mon point de vue se situe au raz des eaux de la Glane, ruis­seau qui baigne la petite ville où je vis. Ce ru est peu éloi­gné de dif­fé­rentes forêts, de dif­fé­rents sen­tiers.
Quelle place ainsi pour celui qui médite, qui croit en la puis­sance de l’image, avec ce léger trouble dû au chaos approxi­ma­tif de l’expansion des élé­ments naturels !

Cette contem­pla­tion pour­rait être une sorte de moment de folie, ou plus cer­tai­ne­ment une hal­lu­ci­na­tion opia­cée (même si je n’ai jamais connu dans ma propre vie les visions très énig­ma­tiques de l’opium).

Le lan­gage poé­tique res­semble for­te­ment à la vision meuble des arbres. Une phy­sique ascen­sion­nelle.
Ce lan­gage connaît cette porte secrète, cette ouver­ture dans le conti­nuum des faits, des matières végé­tales ou aqueuses, qu’il traque, qu’il a soin de dépar­ta­ger, de cou­per du socle, de l’aubier de la langue.

Pour conclure ce car­net, je dirais que cette ten­ta­tive pour trou­ver la lumière où qu’elle demeure, revient à me pré­sen­ter per­son­nel­le­ment devant le lec­teur.
À me rendre res­pon­sable devant lui d’une unité, d’un inté­rêt pour le frag­ment dans la simple clô­ture de la page.

Occu­pa­tion scripturale.

Hori­zon sou­dain achevé.

Écrire c’est être.

didier ayres

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