Jacques Lucchesi, L’Adolescente et autres nouvelles érotiques

Mystère de l’Incarnation fémi­nine et masculine

Dans ses nou­velles; Jacques Luc­chesi pho­to­gra­phie avec des mots celles et ceux qui se cachent pour ten­ter de trou­ver le ou la par­te­naire afin de cal­mer ce qui s’emballe à la vitesse de la lumière.
Quitte à les embal­ler sou­vent de gré mais par­fois de force, là où il n’est pas qu’au genre mas­cu­lin de deve­nir épi­centre et archange déchaîné.

L’éros plus que l’amour reste le vec­teur de dif­fé­rentes expé­riences et d’une suite de por­traits. Il demeure le point d’achoppement sur lequel l’imaginaire de l’auteur cris­tal­lise des zones d’ombre, de glis­se­ments, d’érections et d’élections non légis­la­tives. Il y a par­fois du monstre intem­pes­tif.
Existent des allées et venues impul­sives, des liber­tés à recon­qué­rir là où par­fois une libido ani­male illustre une autre vision de la vie.

Le corps sur­git comme une image au-delà de l’image, une image cher­chant le sens de la Pré­sence loin de tout effet d’angélisation et par­fois avec contrainte ou vio­lence même si ce n’est pas la règle mais une suite d’exceptions. Les psy­chés en appellent par­fois à des scan­dales qu’elles estiment radieux même si ce n’est pas tou­jours le cas là où des rap­ports de force ou d’argent ne cessent de jouer en diverses ten­sions.
Car Jacques Luc­chesi mul­ti­plie le réseau du mys­tère de l’Incarnation fémi­nine et mas­cu­line. Mais loin de l’injonction de Saint Tho­mas d’Aquin : “appe­ler l’homme aux choses spi­ri­tuelles par le mys­tère de son corps “.

Ici, de l’esprit, le corps s’en affran­chit là où néan­moins peut se dis­tin­guer ce qui est fémi­nité et ce qui est Femme, ce qui est mas­cu­li­nité de ce qui est Homme en divers “échanges” ou “dépenses”.
Pour l’auteur, ima­gi­ner n’est jamais res­treindre mais déve­lop­per diverses formes de fièvre ou d’angoisse — sans laquelle la sexua­lité n’est rien.

D’où l’éclat et l’inquiétude de nou­velles où le caché est sou­vent trans­mué en pré­lude de l’éclat de celles qui dis­pensent leurs “bon­tés” et de ceux qui deviennent pré­da­teurs sans même cher­cher à séduire au sein de diverses lisières, là où l’auteur écrit avec l’œil le dési­rable ou le désiré.

jean-paul gavard-perret

Jacques Luc­chesi, L’Adolescente et autres nou­velles éro­tiques, éditions Douro, coll. La Bleu-Turquin, 2021, 116 p. — 16,00 €.

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