Stéphane Humbert-Basset, Mes murs sont de feu

Mes murs sont de feu ou le nou­veau miracle de l’autoédition

lelitteraire.com laisse la parole à un auteur ayant choisi une autre voie que celle de l’edition clas­sique pour dif­fu­ser son roman 

Il y a quelques années, lors d’une rési­dence d’artistes orga­ni­sée par un pays étran­ger, des peintres invi­tés du monde entier com­prirent, trop tard, qu’ils étaient mani­pu­lés. Leur tra­vail était acces­soire, et leur seule pré­sence ser­vait le pres­tige du régime auto­ri­taire en place. Sans heurts mais à grands coups d’amabilités, le pou­voir n’eut besoin que d’une semaine pour qu’ils servent sa propre gloire. Aba­sour­dis, les artistes mesu­rèrent com­bien l’indépendance d’esprit  est un luxe – et la liberté de créa­tion un leurre. Je fus l’un d’entre eux.
Mes murs sont de feu a pris racine dans cette expé­rience : une his­toire de régime auto­ri­taire, de sou­mis­sion, de rôles à tenir. Une his­toire d’artistes éga­le­ment. Madrid à la fin du 16e siècle, entre pro­di­gieuse arro­gance et fana­tisme absolu, four­nis­sait un cadre extra­or­di­naire, dra­ma­tique et pas­sion­nant. Mes murs sont de feu est à la fois un ouvrage intime et un récit roma­nesque, un roman noir, véné­neux, dou­blé de la confes­sion sin­cère du nar­ra­teur. La recons­ti­tu­tion his­to­rique per­met d’exprimer la fra­gi­lité des hommes dans une société cor­rom­pue et mori­bonde. L’ensemble évoque une fan­tai­sie à l’espagnole ou bien les diver­tis­se­ments éru­dits de la lit­té­ra­ture des 18e et 19e siècles. On pour­rait croire, à tort, qu’il s’agit d’un roman d’initiation, tant il en pos­sède les éléments.

La rédac­tion de Mes murs sont de feu fut une véri­table aven­ture, me menant des archives de Madrid aux anciens cou­vents espa­gnols. Le roman achevé, j’envoyai natu­rel­le­ment le manus­crit à une petite poi­gnée d’éditeurs choi­sis. La qua­lité des réponses reçues fut encou­ra­geante. Aurais-je du conti­nuer à frap­per aux portes, à réduire mes pré­ten­tions, trans­for­mant cette mer­veilleuse aven­ture en par­cours du com­bat­tant,… pour échouer chez un petit édi­teur qui, fai­sant de son mieux, aurait vendu cin­quante exem­plaires  ? Quand on dit que l’autoédition est désor­mais un vrai choix d’auteur, les esprits soup­çon­neux rétorquent qu’il s’agit mal­gré tout d’une solu­tion propre aux auteurs médiocres et vani­teux.
Il suf­fit d’observer les rayons d’une librai­rie pour com­prendre qu’être édité ne garan­tit pas un auteur de la médio­crité. Quant à la vanité, on peut s’interroger sur ce qui pousse un auteur à vou­loir être publié — coûte que coûte — par le cent-soixante-douzième édi­teur qui vou­dra fina­le­ment bien de lui. Je suis peintre-illustrateur depuis quinze ans : pous­ser la porte d’une mai­son d’édition n’est donc pas pour moi un fan­tasme, et cela fait belle lurette que la vue de mon nom imprimé ne m’affole plus. Qu’un édi­teur me fasse l’honneur de s’intéresser à mon roman n’était donc pas une obsession.

L’autoé­di­tion – asso­cieé à l’impression à la demande –   s’est révé­lée être une solu­tion idéale : Mes murs sont de feu existe sim­ple­ment, libre­ment. Ce roman désor­mais trouve son public. J’ai de très cha­leu­reux retours et d’heureuses sur­prises quant à la vie que mène Mes murs sont de feu.

Sté­phane Humbert-Basset, Mes murs sont de feu

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