Kenzo Izu, Requiem for Pompéi
La transcendance née des ruines
Pour photographier Pompéi – comme les autres lieux -, Kenzo Izu sait que son art est un exercice de préparation et de lenteur, quel que soit le choix des « armes » pour le capter : appareil photo numérique moyen format ou appareil photo grand format.
Et ce, afin de saisir un certain sublime là où le travail sur le lieu n’est pas réinterprétation historique fictive, ni photographie mise en scène mais une célébration de celles et ceux qui habitaient là.
Requiem for Pompei présente la ville antique par des compositions fascinantes dont celles des moulages des victimes. Il existe là une effet de respect et de commisération.
Le temps semble suspendu dans un sens de la transcendance née des ruines – comme le fit le photographe en Egypte plus avant.
La monumentation de la ruine donne une éternité au temps en reliant nos présences à celles du passé. Le photographe rapproche des victimes de cette tragédie pour nous rappeler que de telles catastrophes perdurent.
Pour preuve, notre temps bien troublé par la violence de la nature lorsqu’elle reprend son activité.
jean-paul gavard-perret
Kenzo Izu, Requiem pour Pompéi, avec des contributions de Malcolm Daniel, Gus & Lyndall Wortham, Massimo Osanna & Filippo Maggia, Skira éditeur, 2020, 220 p. et exposition à Modène.