Salut les copains

Salut les copains

A recommander aux amateurs des années 60 comme aux néophytes

L’idée de compiler des chansons associables à la célèbre émission de Daniel Filipacchi a de quoi plaire aux nostalgiques des années 1960, et ils ne resteront pas déçus en découvrant ce troisième volume de la série. Tantôt en noir et blanc, tantôt en couleurs, on y voit revivre une époque à la fois entichée de rébellion et incroyablement bon enfant, du point de vue d’aujourd’hui – les images du public qui écoute ses gamins d’idoles sont très révélatrices sur ce plan, à la fois drôles et attendrissantes.

Bien entendu, l’emblématique Johnny Hallyday a la part belle dans la compilation, mais ses morceaux choisis sont presque tous trop connus (souvent rediffusés à la télévision) pour épater le spectateur. En revanche, Le Néon d’Adamo, un vrai clip avant la lettre, interprété de façon inspirée et parfaitement maîtrisée, fait partie des raretés qu’on se repassera volontiers. De même, la prestation fébrile, proche de Brel, de Leny Escudero chantant Parce que tu lui ressembles produit l’effet d’une révélation.
Ma vie d’Alain Barrière rappelle à qui l’aurait oublié que cet auteur et interprète a créé quelques merveilles de la chanson française. Jacques Dutronc et Françoise Hardy se livrent à un duo cocasse, typique de leurs styles respectifs, très en contraste et d’autant plus savoureux. Pascal Danel, désuet, emprunté et touchant, incarne bien une certaine vogue éphémère.
On est moins content de voir, deux fois de suite, Richard Anthony étaler sa médiocrité qui n’arrive même pas à nous faire ricaner, et l’on se demande pourquoi les compilateurs lui ont accordé autant de place au lieu d’inclure dans leur sélection au moins un morceau du jeune Joe Dassin – on en espère plusieurs pour le quatrième volume, s’il y en a un.

Du côté anglo-saxon, le DVD contient quelques merveilles très bien placées dans le sommaire : Tell him des Exciters, endiablée, brillamment interprétée ; King of the Road de Shawn Elliott, au phrasé syncopé riche en changements de tempo, livré avec une décontraction royale ; Chuck Berry disant « Bonsoir de façon inimitable, avant de se lancer dans Roll over Beethoven avec une fougue renversante, et enfin, Satisfaction par un Otis Redding complètement déchaîné, capable de vous faire danser dans votre fauteuil.

Des suppléments très plaisants viennent se joindre aux chansons, nous confortant dans l’impression que ce DVD est conçu pour vous faire passer de bons moments.
À recommander aux amateurs des années 1960 comme aux néophytes.

agathe de lastyns

 Collectif, Salut les copains, volume 3, DVD, Editions Montparnasse, mai 2010, 165 minutes, 20,00 €

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