Raphaël Majan, « Une contre-enquête du commissaire Liberty » : Accouchement charcutier

Raphaël Majan, « Une contre-enquête du commissaire Liberty » : Accouchement charcutier

Huitième aventure du commissaire Wallance dans laquelle il joue les apprentis-chirurgiens dans une charcuterie, à moins que ce soit l’inverse !

Ça débute par un coup de téléphone qui tombe, comme bien souvent, mal. Ce n’est pas que le commissaire soit dans son bain, non. Mais son portable annonciateur d’un nouveau-né en quête d’existence y va de son chapelet alors que Wallance, appelé « Liberty » par ses collègues, trucide son charcutier à coups de brochette. Pourquoi ? Pour une sombre histoire de quiproquo entre poivre et moisissure.

Le commissaire, qui a fait sienne une théorie selon laquelle, pour réduire la criminalité, il faut arrêter le plus de coupables possibles, a décidé, un jour de rencontre avec un oto-rhino, d’expérimenter une variante. Le commissaire met les mains au charbon. Il est au four et au moulin. Il commet les crimes, il enquête, il trouve des coupables et la société est contente car elle n’a plus peur.

Dans cette huitième aventure, Martine, la femme de son collègue Lavraut, est sur le point d’accoucher. Le futur rejeton, un fils, sûrement, car les Lavraut ont déjà deux filles, ne sera pas 100% Lavraut. Wallance, un temps, pour raccommoder le couple en perdition, a couché avec Martine. Les dates sont trop concordantes et le commissaire ne croit pas aux coïncidences. Cette certitude l’emmène à la maternité.

Et là, avec le commissaire arrive le chaos. Le chirurgien qui a procédé à l’accouchement ne plaît pas à Liberty. Il va mourir. (Quoi de plus moral qu’éliminer les êtres qui risquent d’éliminer un enfant ?) D’autres aussi, sûrement. D’autant que tout le monde s’évertue à le trouver moche, ce bébé. Et que c’est une fille. La pauvre madame Carpute va en faire les frais. La maternité va se transformer en abattoir. Tout ça sous les sarcasmes de Martine, et de la mère de Liberty.

L’histoire devient de plus en plus abracadabrante. Tout le monde entend, en la parole de Liberty, des Évangiles. Force est de constater que ça part dans tous les sens. Et que la rigueur du crime en prend pour son grade. Ce n’est pas le polo du commissaire, taché de sang, qui contredira. Si le style ne perd rien de son charme, l’intrigue voit sa qualité baisser. Dommage, car les carnets de Liberty procurent toujours autant de jouissance. La préférence va au Liberty des débuts. Quand les histoires qui lui arrivaient étaient du domaine du quasi-possible.

julien védrenne

   
 

Raphaël Majan, « Une contre-enquête du commissaire Liberty » : Accouchement charcutier, P.O.L., novembre 2005, 202 p. – 12,00 €.

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