Sally Ross, Material Matters (exposition)

Sally Ross, Material Matters (exposition)

La matérialité des « restes »

Sally Ross compose intuitivement ses peintures sur le sol de son atelier en assemblant des restes de toile, de vêtements, de matériel ménager et d’objets trouvés. Ce parcours est celui de la narration du monde par pans et bribes fécondants et fécondés.
Existe un retournement du corps désiré de la peinture sur son corps miroir ravaudé par divers substrats  : l’univers est d’une certaine manière sans visages mais en multiplications d’indices de perception sensorielles.


Rien n’indique a priori un fil conducteur. Pourtant, les données successives déplient l’oeuvre dont il est possible de lire ses données initiales. Elles sont telles que ce dépliement ne soit pas impossible.
Il n’est donc pas illégitime de nommer des possibles à partir des données préalables et leurs propriétés récupérées et remises en jeu dans celui que la créatrice américaine propose dans la matérialité des « restes ».

Ils donnent du souffle à une telle oeuvre dans l’enchaînement des pièces dans lesquelles le support-miroir dessine ce qu’il a à « refléter ». Le tout dans un jeu qui ne peut réaliser qu’à partir des données astucieusement récupérées.

jean-paul gavard-perret

Sally Ross, Material Matters, Galerie Rodolphe Janssen, Ixelles, du 18 mai au 6 juillet 2019.

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