Jan Van Imschoot, Amore Dormiente (exposition)
Jan Van Imschoot est né à Gand mais vit et travaille en France depuis 2013. Peintre jusqu’au bout des ongles, il explore les possibilités d’une peinture à forte charge critique et dramatique. Erudit et esthète, il parsème son oeuvre de nombreuses références artistique (Tintoret, Goya, Matisse, Luc Tuymans, etc.).
Il se définit lui-même comme « anarcho-baroque » mais ne serait-il pas le dernier des peintres surréalistes par ses personnages, les décors et les narrations dans les marges de l’Histoire ou de la mythologie au sein de perspectives recomposées?
Très proche de ses illustres ancêtres belges et hollandais, il prône par ses narrations la liberté et s’élève contre la censure et la violence des systèmes politiques ou idéologiques. Il reste à ce titre un des seuls post-surréalistes à pousser plus loin cet héritage au sein de tableaux chaosmiques. Un tel art est singulier, puisé aux racines les plus parlantes mais parfois oubliées et exhaussées, est traité avec une manière de caresser l’écart qui dépasse tous les traités d’histoire de la peinture.
Les couleurs sont violentes et les corps en mouvement. Ils traversent les époques. Parfois, comme avec Tosting the colored, les visions sont de notre temps mais parfois elles semblent se perdent dans des ères bien plus anciennes. S’y joue un étrange jeu d’échecs où ce ne sont pas seulement les rois d’un tel damier à se retrouver nus.
S’ouvre la plénitude d’un temps présent ou disparu qui atteste de sollicitations neuves jamais séparées de fondamentaux oubliés par d’autres créateurs. Dans l’action de peindre, dans l’imminence du présent, demeure une secousse augurale où la vie semble frappée d’une sorte d’absolu. Les motifs font retentir un appel des profondeurs paradoxalement astronomiques. Tout se rejoint : la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le haut et le bas, le communicable et l’incommunicable.
Ne se voulant en rien théoricien d’une révolution de l’art, Van Imschoot fait mieux : il demeure le porteur d’un idéal orgueilleux et modeste.
jean-paul gavard-perret
Jan Van Imschoot, Amore Dormiente, Templon, Bruxelles, du 10 janvier au 23 février 2019.