Insoutenables longues étreintes ( Ivan Viripaev / Galin Stoev)

Insoutenables longues étreintes ( Ivan Viripaev / Galin Stoev)

De la naïveté entre perdition et révélation

Pendant que le public s’installe, quatre personnes sur scène, de dos, tournent la tête pour considérer alentour, s’animent peu à peu en jetant derrière eux des regards sur les spectateurs. La pièce commence lorsqu’elles racontent ce qui leur arrive comme au style indirect, parlant d’elles-mêmes à la troisième personne. Il s’agit, à travers les péripéties de jeunes gens entre New-York et Berlin, d’expliciter la quête de soi-même dont chacun est à la fois le théâtre et le sujet.
On assiste à un ballet existentialo-fantastique, qui effectue un mystérieux va-et-vient entre perdition et révélation. Des thématiques récurrentes (l’impulsion, le serpent, le mouvement, la traversée de l’enfer) servent à exprimer le lien fondamental avec l’essence des choses et les doutes qui affectent ce lien.

Les comédiens habitent avec force et mérite des personnages attachants, épousant les variations improbables qui leur sont imposées ; alternant le récit et l’incarnation d’eux-mêmes, ils parviennent à figurer la distance à soi inhérente à la conscience. Mais Viripaev a une écriture crue, vive, trop explicite : cherchant son expression, il surligne ce qu’il dit, le formulant sans subtilité. On explore des expériences-limites, qui confrontent l’individu à la mort.
La mise en scène simple et inventive conduit par exemple à la destruction du mur de fond de scène, ouvrant sur une lumière blanche. Cherchant à éviter l’écueil d’une intention romantique, cette odyssée mystico-métaphysique n’évite pas le risque de représenter des espoirs vains sous l’aspect de la grandiloquence naïve du conte édifiant.

christophe giolito

 

Insoutenables longues étreintes

d’Ivan Viripaev

mise en scène Galin Stoev

Avec

Pauline Desmet, Sébastien Eveno, Nicolas Gonzales, Marie Kauffmann.

Photo © Francois Passerini

Scénographie Alban Ho Van ; vidéo Arié van Egmond ; lumières Elsa Revol ; son, musique Joan Cambon / Arca ; régisseur plateau Pierre Bourel ; machiniste Cyril Turpin ; régie lumière Michel Le Borgne ; régie vidéo Éric Andrieu ; régie son Valérie Leroux ; électricien Didier Barreau ; assistante à la mise en scène Virginie Ferrere ; travail sur l’énergie Sarkis Indjian ; traduction du russe Galin Stoev Sacha Carlson ; constructions des décors Ateliers du Théâtre de la Cité sous la direction de Claude Gaillard ; costumes Ateliers du Théâtre de la Cité sous la direction de Nathalie Trouvé ; compositing Raphaël Granvaud-Perez ; prises de vue Lucie Alquier-Campagnet.

 

Au Théâtre de la Colline 15 rue Malte-Brun, 75020 Paris
Du Vendredi 18 janvier 2019 au Dimanche 10 février 2019

Du mercredi au samedi à 20h, le mardi à 19h et le dimanche à 16h ; durée 1h45.

Tél : 01 44 62 52 52. https://www.colline.fr/spectacles/insoutenables-longues-etreintes

Tournée : création au Théâtre de la Cité, Toulouse – le 4 décembre 2018
ThéâtredelaCité, Toulouse, du 4 au 21 décembre 2018
Théâtre populaire romand – La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel, les 11 et 12 janvier 2019
Théâtre de la place, Liège, de 13 au 16 février 2019

Produit par le Théâtre de la Cité Production Théâtre de la Cité – CDN Toulouse Occitanie

Coproduction La Colline – Théâtre national ; Théâtre de Liège, DC&J Création avec le soutien du Tax Shelter du Gouvernement fédéral de Belgique et de Inver Tax Shelter

Le texte a bénéficié du soutien de la Maison Antoine Vitez en 2016 pour sa traduction (Les solitaires intempestifs, 2018).

 

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