Comme il vous plaira ( William Shakespeare / Christophe Rauck)

Comme il vous plaira ( William Shakespeare / Christophe Rauck)

Cavalcade de destins 

Dans la confusion sonore, on distingue des bruits de fracas et de chevaux. Il s’agit de la bataille qui vient de se terminer. Des personnages dont les liens ne sont pas d’emblée explicites font alliance, prêtent serment, définissant quelque cadre pour la pièce. Il s’agit d’un jeu dont on sait par anticipation qu’il sera dangereux, susceptible de remettre en cause l’ordre des choses.
Un bannissement, un exil met deux jeunes filles sur la route qui les conduira dans la forêt. De nombreux personnages s’y rencontrent, loufoques ou engagés, sérieux ou fantasques.
C’est le prétexte à une interrogation des valeurs, sagesse et folie se révélant réversibles, représentation et réalité se montrant interpénétrées. Tous les êtres en errance semblent se retrouver dans la forêt qui joue le rôle de révélateur. Une cavalcade de destins que l’intrigue cherche à nouer à la faveur d’une égalisation des conditions.

Après l’entracte, le propos semble plus dynamique ; on assiste à une analyse ironique de l’amour caricaturé sous sa forme foudroyante. A la faveur d’une simulation supposée, l’auteur explore la teneur de notre affection censée constitutive, pour la mettre à l’épreuve du temps et des difficultés. Le parti-pris baroque de la scénographie reste monocorde ; il semble redoubler sans les mettre en valeur les subterfuges et sortilèges à fonction révélatrice.
Une représentation assez monolithique, dont le sens ne se révèle que lentement et péniblement : là où on imaginerait une illusion protéiforme, se déroule un programme d’anecdotes. Le propos est construit, mais la pièce est considérée par le metteur en scène comme ayant sa valeur intrinsèque, si bien que les acteurs sont livrés à eux-mêmes : le spectacle dépend trop de leurs performances louables mais insuffisamment coordonnées.

christophe giolito

 

Comme il vous plaira

de William Shakespeare
mise en scène : Christophe Rauck

Photo Simon Gosselin

Avec Cécile Garcia-Fogel, Maud Le Grévellec, Luanda Siqueira, John Arnold, Jean-Claude Durand, Pierre-François Garel, Pierre-Félix Gravière, Jean-François Lombard, Alain Trétout, Mahmoud Saïd.

Ttraduction Jean-Michel Déprats, direction musicale Marcus Borja, dramaturgie Leslie Six, scénographie Aurélie Thomas, costumes Coralie Sanvoisin, lumières Olivier Oudiou, son Xavier Jacquot.

Production : Théâtre du Nord

Coproduction : Théâtre 71 – Malakoff Scène nationale

Durée 1ère partie: 1h50 2ème partie: 50 minutes

– du 13 au 17 mars 2018 au TNBA, Théâtre du Port de la Lune – Bordeaux

– du 20 au 21 mars 2018 à L’Onde, Théâtre Centre d’art de Vélizy-Villacoublay

– du 28 mars au 13 avril 2018 au Théâtre 71 – Malakoff Scène Nationale

– du 17 au 18 avril 2018 au Bateau-Feu – Scène Nationale Dunkerque

– du 3 au 5 mai 2018 au Théâtre-Sénart, Scène nationale

– du 15 au 16 mai 2018 à la Maison de la Culture d’Amiens.

Le texte de la pièce est disponible aux éditions Gallimard (Collections « Pléiade » ou « Folio »)

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