Alison Bignon, #SHE, (exposition)
Influencée par les Trois Ages de la femme de Klimt, Alison Bignon propose les variations sensorielles et sensuelles dont elle a le secret à travers trois temps : « She was », « She is » et « She will be ». Se retrouve la respiration ascendante dont elle garde le secret dans le format rectangle debout – champ idéal à ce qui s’envole en une verticalité libre, une montée au visible qui devient irrésistible.
L’espace et l’ « abstraction » trouvent une profondeur et une légèreté que souvent la peinture a oubliées. Existe une grâce discrètement lyrique dans un espace propre à la présence de sortes de galaxies. La surface blanche, neutre, stérile l’artiste l’ensemence d’effervescences et d’émergences. Tout semble mobile là où Alison Bignon saisit un des corps possibles de la peinture. A mesure qu’elle y parvient elle semble déjà loin, dans son désir, sa poursuite, sa solitude de dépossédée. Elle peint l’émotion, un mouvement interne, la montée en noir et en couleur d’une pudeur exquise et d’une fraîcheur rare. D’un chagrin peut-être et l’abandon d’un lieu.
La rêverie s’empare du regard, chaque œuvre vient et s’éloigne là où s’élancent les flammèches d’un soleil lunaire et les traînes d’une voie céleste se dérobant sans cesse à l’image ou son fantôme. Peuvent s’y distinguer les parures de Reine de la Nuit ou de princesse. Une fable reprend son beau théâtre dans l’émotion de l’immaculé que soulignent des taches. Elle sont autant de joyaux sur un chemin incertain et une circulation amoureuse.
jean-paul gavard-perret
Alison Bignon, #SHE, Avenir Art, A virtual gallery across all major billboards in London, 7 novembre – 27 décembre 2017, Londres.
