Werner Bischof, Helvetica

Werner Bischof, Helvetica

Polyphonies abstraites et concrètes

En des « partitions » abstraites ou concrètes, Wetner Bischof pousse plus loin l’espace par effet de surface selon des dynamiques qui permettent d’entrer non en territoire non conquis mais en des chemins qu’il faut suivre même si – en apparence – ils ne mènent nulle part. Le regard vient y buter et l’esprit est forcé d’interroger les signes et la balistique qu’ils créent à travers montagnes, lacs, travailleurs, modèles, etc.
L’émotion naît donc de photographies qui segmentent par leur nature même des assemblages par les frises qu’elles fomentent. Chaque œuvre est donc affaire de perception avant qu’histoire de sens. Bischof permet de franchir un pas plus avant par les sensations qu’il fait naître. L’artiste infiltre la surface des visages et des portraits de dimensions spatiales à haute valeur ajoutée. Il ne s’agit pas de mettre du postiche dans la photographie mais au contraire de donner à une sorte d’écriture abstraite ou concrète toute son identité.

Les photographies distendent mais aussi compressent l’espace afin de permettre à notre imagination d’imaginer encore sans autre référents que les traces elles-mêmes. L’artiste crée donc des chemins d’errance, des dérives architectoniques. Cela remonte, descend, traverse, bifurque en une suite de formes et de signes aussi fixes que flottants.
Et si souvent la surface comme l’épaisseur échappent, les perspectives de Bischof offrent l’occasion de nous immiscer dans des structures plastiques où regard et la pensée sont convoqués en un rite poétique et dans le but d’offrir un cérémonial où ce qui se laisse saisir, ce qu’on croit saisir, ne cesse d’échapper.

jean-paul gavard-perret

Werner Bischof, Helvetica, Les éditions Noir sur Blanc, coll. « Musée de l’Elysée, n°1 », Musée de l’Elysée, Lausanne , 2016, 158 p. – 35,00 €.

Laisser un commentaire