Xavier Hélary, La dernière croisade

Saint Louis et sa croisade

Les com­mé­mo­ra­tions du hui­tième cen­te­naire de la nais­sance de Saint Louis ont été l’occasion de rap­pe­ler les étapes de la vie de ce grand sou­ve­rain cano­nisé. Ainsi le grand public a-t-il pu entendre par­ler de sa mort, devant Tunis, à l’occasion d’une croi­sade. Mais que connaît-on de cette expé­di­tion éclip­sée par le rayon­ne­ment des deux pre­mières croi­sades et de celle de 1204 qui abou­tit au sac de Constan­ti­nople ?
L’étude de Xavier Hélary nous apporte une réponse à cette ques­tion : en fait bien peu. En se concen­trant uni­que­ment sur ce que l’historiographie appelle la hui­tième – et der­nière – croi­sade, l’auteur nous entraîne dans les arcanes de cette expé­di­tion où le saint roi de France trouva la mort.

On découvre que la croi­sade, ardem­ment vou­lue par Louis IX, ne sus­cita guère d’enthousiasme auprès des grands sei­gneurs. Le fidèle Join­ville lui-même s’abstint d’y par­ti­ci­per, échaudé par l’échec de la pré­cé­dente prise d’armes en Terre Sainte. Le monarque tint bon et réus­sit à mon­ter une expé­di­tion dont l’auteur nous décrit les détails pré­pa­ra­tifs depuis la basi­lique Saint-Denis jusqu’au départ depuis Aigues-Mortes et la curieuse escale à Cagliari en Sar­daigne
Encore plus curieux, voire mys­té­rieux, est le choix du cali­fat de Tunis, au lieu de l’Egypte et de la Terre Sainte, comme point d’aboutissement. L’explication de Xavier Hélary penche net­te­ment en faveur du rêve d’une conver­sion du calife, mal­gré le peu de chances de suc­cès. C’est fort plau­sible d’ailleurs. Chaque chré­tien – et un homme aussi pieux que Louis IX encore plus – porte en lui l’obligation de sau­ver les âmes de ceux qui n’ont pas reçu le bap­tême. On est au XIIIe siècle, il est vrai, bien loin du rela­ti­visme actuel .

Tout cela, on le sait, s’achève bien mal. Les com­bats ne per­mettent pas de prendre la ville et sur­tout les épi­dé­mies déciment l’armée croi­sée, empor­tant jusqu’au roi. De belles pages décrivent l’épopée du retour depuis la Sicile jusqu’à Paris.
L’étude, décri­vant très bien autant le fonc­tion­ne­ment d’une croi­sade à l’âge féo­dal que celui de la monar­chie capé­tienne, reste très sévère sur Saint Louis, peint comme le prin­ci­pal res­pon­sable du désastre que fut la der­nière croi­sade des Euro­péens pour récu­pé­rer leurs lieux saints.

fre­de­ric le moal

Xavier Hélary, La der­nière croi­sade, Per­rin, mai 2016, 312 p. — 22,00 €.

Leave a Comment

Filed under Essais / Documents / Biographies

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>