François-Henri Désérable, Voyage hédoniste en Italie – Nord-Est
Le plaisir
Pour Désérable, il n’y a pas (de) photo. Venise est pour lui sa Sérénissime et « la merveille des merveilles ». C’est aussi le lieu même de son passé familial, d’un amour douteux entre ses aïeux, et là où s’achève sur la lagune la vie de tout véritable amour – comment alors ne pas évoquer « Mort à Venise » de Visconti ?
Désérable dresse un portrait tendre et généreux de grand-père gondolier mort tragiquement, mais, au-delà, il évoque que Venise est affaire de désir, « sauf aux voyageurs pressés et pèlerins du cliché », écrit-il. Mais, de plus, pour l’auteur, son désir de Venise précéda son premier séjour dans les livres, de Chateaubriand à Casanova et Morand voire Sollers, avant son expérience quasi extatique sur et dans cette cité.
Pour Désérable, elle ouvre l’amplification de la vie car Venise reste une fête et une splendeur qui est pour lui un « poisson de tuiles » et une « forêt renversée ».
Jean-paul gavard-perret
François-Henri Désérable, Voyage hédoniste en Italie – Nord-Est, Michelin/Le Grand Tour, 2026, 180 p. – 19,95 €.