Rose Wyler, Henri, Egypt… Bette, Bear (exposition)
Substances actives
La première exposition personnelle à Paris « Henri, Egypt…Bette, Bear » est une sélection d’œuvres inédites ou récentes (tableaux, polyptyques et œuvres sur papier) de Rose Wyler. Elle s’inaugure alors que Londres accueille la plus grande rétrospective de son travail à ce jour, présentée jusqu’au 19 avril 2026 à la Royal Academy of Arts.
Le style immédiatement reconnaissable de Rose Wyler a fait sa renommée par compositions foisonnantes et hautes en couleur qui semblent relever d’une esthétique naïve, déconnectée de tout courant ou mouvement précisément identifiable.
A regarder de plus près, existe là une profonde réflexion sur la nature même de la représentation graphique. L’artiste explore des approches qui renouvellent les traditions héritées de la Renaissance, par exemple lorsqu’elle soumet un motif spécifique à de nombreuses itérations – stratégie qu’elle utilise souvent pour faire progresser cette recherche formelle.
Ses œuvre reflètent l’étendue de ses connaissances en matière de cultures cultures populaires et pleines de clichés ou et de cultures visuelles non-occidentales méconnues. Elle se penche sur l’intérêt qu’elle porte depuis longtemps au Douanier Rousseau aux compositions oniriques et singulières.
Le titre de l’exposition est issu d’un tableau de l’artiste britannique intitulé « Homage to Henri, Bette and Bear » qui fait écho au tableau « Mauvaise surprise » du Douanier Rousseau, où figurent un nu féminin à la chevelure en cascade, un mystérieux tireur embusqué et un ours à la gueule ouverte et aux griffes acérées. Dans son nommage, Wyler joue sur l’homonymie entre les mots anglais pour « ours » (bear) et « dénudé » (bare) : elle rhabille d’une robe-tablier pudique la femme nue du tableau original et lui donne les traits de l’actrice états-unienne Bette Davis.
On trouve aussi la trace d’incursions dans l’histoire de l’art, ou celles d’impressions liées à sa vie domestique. Sa palette fait la part belle à l’ocre, la terre d’ombre, le rouge couleur rouille, rappelant les teintes des fresques de Fra Angelico, « ni écrasantes, ni stridentes », pour reprendre les mots de Wyler elle-même.
Une sélection d’œuvres sur papier et de tableaux plus anciens est également présentée, documentant l’évolution du style de Rose Wyler qui a été nommée dans l’ordre de l’Empire britannique au grade d’officier (pour ses mérites dans le domaine de l’art).
jean-paul gavard-perret
Rose Wyler, Henri, Egypt… Bette, Bear, David Swirner, 108 rue Vieille du Temple, Paris 3e, du 2 avril – au 23 mai 2026.