Jean-Christophe Brisard & Michael Malatini, Mea culpa t.01

Jean-Christophe Brisard & Michael Malatini, Mea culpa t.01

Sur le front Est, à deux heures de Berlin, ce 16 février 1945, le commandant Karl Neuhaus de la section spéciale pour les questions religieuses au sein de la Gestapo, se rend aux forces russes. Il regrette de n’avoir pas su choisir quand il avait la possibilité de tuer le pape ou Hitler et de changer l’issue de la guerre.
Dix mois plus tôt, Johannes Denk, envoyé spécial de l’ambassadeur du Vatican en Allemagne, arrive à Rome pour s’entretenir avec Pie XII. Or, depuis que la Wehrmacht et les SS ont pris le contrôle de la ville, il ne fait plus bon être Allemand. Mais la Curie craint le déferlement des communistes. Le Reich semble être le seul rempart pour la survie du catholicisme.
Une semaine plus tard, Denk est entre les mains des services secrets de la SS, de Karl Neuhaus qui veut connaître la position du Vatican. Or, Pie XII est favorable à un accord de paix entre les Anglo-Saxons et le Reich, pour s’unir et se retourner contre Staline. Pour ce faire, il faut se débarrasser du Führer. Et c’est dans ce contexte qu’a lieu l’attentat du 20 juillet 1944…

Les relations entre les nazis et le Vatican ont été plus qu’ambiguës. Le IIIe Reich professant des opinions contre le communisme, l’Église catholique voyant une menace avec l’athéisme affirmé des Soviets trouvait avec lui un allié. De plus, en Allemagne, la religion catholique était très présente avec une hiérarchie solide et des millions de fidèles.
Alors que la victoire des nazis devient de plus en plus hypothétique, il faut, pour le Vatican, changer de stratégie. L’attentat du 20 juillet va rebattre nombre de cartes. Cette tentative de tuer Hitler va entraîner une vague de traques, d’arrestations, de condamnations. Le Führer, fou de rage, se montre sans pitié pour ces traîtres. Et l’Église allemande, le Vatican, apparaissent parmi les instigateurs du complot. C’est le chef de la Gestapo qui charge Neuhaus de traquer et d’éliminer tous les résistants catholiques, y compris les évêques et… le pape.

Ce récit s’appuie sur des faits authentiques mis en scène de façon adroite avec une part de fiction qui s’intègre parfaitement dans ce cadre où se mêlent pouvoir religieux, espionnage et effondrement d’un régime. Le scénariste installe un climat d’urgence, de peur, de surveillance ou personne n’est à l’abri.

Michael Malatini assure un dessin expressif au possible qui plonge le lecteur dans une atmosphère lourde, pesante, les prémisses d’une fin d’un monde. Il fait ressentir la tension générée par les enjeux tant politiques que personnels. Il met en scène des personnages expressifs dans des décors très représentatifs de la situation. Pour accentuer le sentiment d’oppression, quand le danger peut surgir à chaque instant, il utilise des cadrages efficaces.

Ce premier volet du diptyque est attractif pour ce récit de faits peu connus, peu médiatisés, et pour une mise en images qui accompagne superbement la tension du scénario.

Jean-Christophe Brisard (scénario) & Michael Malatini (dessins et couleurs), Mea culpa t.01, Glénat coll. 24×32, février 2026, 64 p. – 16,00 €.

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