Rodolphe & Griffo, La main du diable

Rodolphe & Griffo, La main du diable

C’est une ancienne légende allemande dont s’inspire Robert Louis Stevenson pour écrire La Bouteille du Diable. Cette nouvelle est publiée en 1891 dans le New York Herald avant d’être intégrée dans le recueil Veillées des Îles en 1893.

Un homme, qui se présente comme Charles Dawson, rencontre Stevenson sur un bateau en route vers San Francisco depuis Hawaï. Ils évoquent la construction de leurs maisons respectives. Si Stevenson doit être attentif aux frais, ce n’est pas le cas de son interlocuteur qui lui avoue avoir bénéficié d’une sorte de miracle. C’est une étrange histoire qu’il pourra lui raconter si elle se termine heureusement pour lui.
C’est pour fuir ses créanciers, des dettes de jeu, que Charles se réfugie à Honolulu. Loin de pouvoir se refaire, il sombre dans une extrême pauvreté jusqu’à sa rencontre avec un individu qui lui vend la main du diable. Tous ses souhaits se réalisent et c’est la fortune. Mais, il doit s’en débarrasser avant de mourir sinon il ira rôtir en enfer. Or, il lui faut la vendre moins cher qu’il ne l’a achetée. Mais il ne l’a payée qu’un cent…

Rodolphe base son scénario sur la nouvelle de Stevenson en mettant en scène le romancier, mais en changeant le titre car il prend quelques libertés avec le texte original. Il en fait une histoire fantastique rythmée par un suspense soutenu avec une course contre la montre pour échapper à la damnation éternelle. Le cadre reste exotique, se partageant entre la côte américaine et ces îles que l’on pense paradisiaques. La dichotomie est parfaite avec la menace satanique.

Griffo, qui assure dessin et couleur, est à l’aise dans tous les genres graphiques. Avec son trait précis et dynamique, il excelle dans les récits historiques, d’anticipation, voire très sensuels. Avec cet album, il plonge dans un XIXe siècle qu’il recrée avec brio, donnant des couleurs réalistes que ce soit, tant au cadre global qu’aux personnages. Sa mise en page est dynamique et offre une belle lecture.

Un album qui se lit avec une belle attention pour son intrigue en tension, pour ces planches qui régalent le regard.

Rodolphe (scénario d’après la nouvelle de Robert Louis Stevenson), Griffo (dessin et couleur), La main du diable, Éditions Anspach, janvier 2025, 56 p. – 16,00 €.

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