Anita J. Laulla, Océan dancing
Anita J. Lulla réussit un exploit dans un jeu d’apories et d’allusions. Il existe à priori une autopsie de rencontres possibles. Sans doute les plus oniriques : celles d’un rêve, en nouvelle version nuits de Chine et peut-être qui sait – câlines. On peut penser même à Duras mais ici tout demeure magique.
La possible héroïne valseuse et désirante reste prête à parfaitement suffoquer dans l’air tropical et bleu et sombrer dans son cœur. Pour preuve, là où des arbres cherchent leurs ombres, elle rêve de tout. Voire elle rêve de celui qui restera silhouette et odalisque. Mais dont qui reste astucieusement frustré ou sinon masqué par l’auteure
Tout cela est fin et léger. Le livre (nous) fait rêver. On pourrait croire parfois que l’héroïne pourrait renoncer à ceci de très simple : jamais ne se (voir la) rencontrer en renonçant à prendre le risque d’une danse absolue que l’inflexion des corps, le détour d’un regard, l’esquisse d’un geste achèveraient.
Néanmoins, le livre sans impudeur et impudique amène la plus délicieuse des énigmes. Il ignore tout autant ce qu’il dévoile. La parole même de la chair peut se reprendre dès qu’elle est donnée, juste engagée. Alors, parce que pour Anita J. Laulla le noir s’approche, il est possible d’inventer sa trilogie implicite et mentale : elle parle, va parler, va. Mais nous sera tout de même interdite.
Tel est l’art de la suggestions et des étoiles miroitantes. Alors, laissons-nous bercer voire esquisser des pas de deux.
jean-paul gavard-perret
Anita J. Laulla, Océan dancing, L’Atelier de l’Agneau, Saint Quentin de Calong, 2024, 80 p. – 16,00 €.