Roger Seiter & Marc Jailloux, Alix – t.44 : Le Royaume interdit

Roger Seiter & Marc Jailloux, Alix – t.44 : Le Royaume interdit

Alix était un jeune esclave gaulois quand il a été adopté par un riche romain, un ami de César. Sa première aventure est parue en feuilleton dans le Journal de Tintin, à partir du n° 38, le 16 septembre 1948. C’est le cas des trois aventures suivantes. Elles ont été reprises en album par Le Lombard qui abandonne très vite. C’est en 1966 que Casterman reprend la série que l’éditeur continue de faire paraître jusqu’à aujourd’hui.

Voilà deux semaines qu’Iphis, la fille du roi Tisias, fait voile vers le Levant pour remplir la mission que lui a confié son père. Alors qu’elle contemple le clair de lune, une silhouette l’assomme et la jette dans les flots. Elle s’accroche à la barque tirée par le navire mais la corde est coupée. Elle est condamnée à mort.
Quatre ans passent. Alix et Enak sont chez un ami pour voir les bêtes sauvages réunies pour une grande venatio voulue par César. Enak va regarder les fauves. Assis sur le bord de l’arène, il contemple un énorme taureau. Soudain, il tombe et le fauve charge. Surgit alors la jeune esclave ayant servi les boissons, qui, par un saut périlleux au-dessus de la bête, détourne son attention. Ebloui par son courage, Alix la rachète à son ami. Il veut l’affranchir à condition qu’elle lui raconte son histoire.
Elle vient du royaume de Kamarès, d’une île appelé Zakros, situé au-delà des Colonnes d’Hercule. Cette civilisation a toujours vécu en autarcie. C’est à cause d’une situation grave que le roi s’était résolu à envoyer sa fille prendre des contacts. Alix décide de raccompagner la princesse chez elle. En arrivant bien des choses ont changé et pas en bien…

Le scénariste, pour cette aventure, emprunte beaucoup à la civilisation minoenne. Ainsi, il donne le nom de Zakros à l’île d’Iphis, le même nom que ce village situé à l’extrême Est de la Crète. Il fut un port de commerce important et une ville florissante. Les jeux qui consistaient à sauter au-dessus des taureaux est attesté par des fresques à Cnossos. La société minoenne était égalitaire entre les femmes et les hommes jusqu’à ce que cette île soit envahie par les Grecs qui apportèrent leur civilisation qu’on a le culot, aujourd’hui, de présenter comme très avancée socialement.
Mais Roger Seiter place son royaume dans l’Atlantique, à un endroit proche de celle des îles Canaries. Il s’inspire également de la légende de l’Atlantide.

L’esprit de la série est respecté. Les deux héros volent au secours d’une jeune princesse victime d’un complot et vont tout faire pour lui faire rendre justice. Mais le scénariste installe malgré tout une belle restriction quant à l’idée de s’inspirer du modèle mis en œuvre par d’autres civilisations.
Et les héros devront combattre pour faire triompher le droit. Le récit comporte une belle dose d’actions dynamiques, de luttes et de tensions.

Le dessin est de Marc Jailloux qui fut l’élève de Gilles Chaillet. Il assure, depuis 2013, l’illustration des aventures. Il reste très fidèle au graphisme initié par Jacques Martin, cette ligne claire qui caractérise un courant de la bande dessinée. Alix, malgré ses 77 ans, est toujours aussi jeune. Et le contrat est respecté : les décors sont parfaitement réussis, les accessoires et les architectures sont le fruit d’un travail appuyé sur une riche documentation.
La mise en couleurs est signée de Florence Fantini qui maîtrise parfaitement son art.

Un album qui se lit avec intérêt car le scénario et les graphismes sont conformes à l’esprit de la bande dessinée d’aventures historiques. Il ne faut pas bouder son plaisir !

Roger Seiter (scénario), Marc Jailloux (dessin) & Florence Fontini (couleurs), Alix – t.44 : Le Royaume interdit, Casterman, avril 2025, 48 p. – 13,50 €.

Laisser un commentaire