Hélène Révay, Ciel assiégé
Sauve qui peut
Sous l’aspect d’un journal poétique adressé à son père sous formes de pensées pertinentes, sobres et subtiles là où « La réalité est en déroute faisant place à la vive imagination aussi puissante que le rêve. », Helène Révay (et c’est le cas de le dire) en rêvait. Et c’est là un bon moyen de glisser de la raison à sa dérive, d’emprunter juste ce qu’il faut les chemins de l’inconscient entre ciel et terre et dans un monde des bords.
Entre déplacement et fugue, l’auteure s’oblige à rester dans la conscience du temps et les tergiversations de la mémoire, histoire de créer des sortes d’outre-visage et dans l’éternité facultative ou plurielle qui structure ce livre.
Vu la jeunesse de l’auteure, l’inachèvement inonde ses pensées car beaucoup reste à venir . Comme une poupée russe, elle englobe ses doutes, ses plaisirs, ses émotions qui parfois consomment ses remords. Et ce, au nom de sa grâce poétique qui louvoie entre goules et démons frileux qui bavent les eaux et aspirent les prairies.
L’auteure sobrement remonte son éloge de la vie avec une nécessaire pointe de tristesse lyrique. Mais qu’on se le dise : «L’éternité de toute façon aura toujours raison de nous ». A sa manière, Hélène Révay demeure la rédemptrice pour engager nos délivrances rayées de liberté. D’une certaine manière, son écriture nous protège des intempérances et des intempéries.
jean-paul gavard-perret
Hélène Révay, Ciel assiégé, Editions Sans Escale, 2026, 64 p. – 12,00 €.