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Réagir dans un langue de feu

Le jour­nal de Tyr­mand est un tor­rent. Jusque là l’auteur pou­vait écrire des chro­niques pour l’hebdomadaire “Tygod­nik Pows­zechny”. Mais très vite les auto­ri­tés poli­tiques com­mu­nistes mettent fin à cette col­la­bo­ra­tion qui, pour l’auteur, repré­sen­tait tout ou presque.

En trois mois de colère et de dépit, Tyr­mand écrit plus de 500 pages. A tra­vers son quo­ti­dien il met à nu les rouages d’une pré­ten­due intel­li­gent­zia com­mu­niste que ne cesse de se désho­no­rer dans ses magouilles et basses oeuvres. Quant au fonc­tion­ne­ment géné­ral de la société, c’est un beau chaos mais aussi une intense chasse à qui ne pense pas “bien”.

L’oppres­sion intel­lec­tuelle prend dans ce jour­nal tout son sens et sa force absurde. L’auteur y trouve néan­moins un moyen de réagir dans un langue de feu. Elle don­nera un peu plus tard éclo­sion au roman le plus célèbre de l’auteur L’Enragé.
Il porte fiè­re­ment son nom.

jean-paul gavard-perret

Leo­pold Tyr­mand, Jour­nal 1954, tra­duit du polo­nais par Lau­rence Dièvre, Edi­tions Noir sur Blanc, Paris, 2019, 560 p. — 26,00 €.