Médicaments que je prends, apparareillages que je porte (Livre des listes — II)

Avec le temps dit-on va tout s’en va. Seuls toux et aigreurs font mon­ter le ther­mo­mètre. Je suis tigre de guère plus que Méphisto fait d’aises. Sur mon chef peu de plumes sinon blan­chies que le vio­lace avec du sham­poing au bleuet.
Pour le reste je m’en remets à La Jou­vence de la Fée Sou­rire, Aux pru­neaux d’age geint, Une cein­ture her­niaire , La Dolly Prane, Le Luzarche d’Amiens, L’obsédange, La pul­mo­nia, L’huile pour veuves poi­gnets, L’ode à nonne, De la fon­cine, La houp­pière à gla­ton, L’Huile de foie de morues d’hôtel de passe, Le Rafir Razile, Les Graines d’esprit de sel, La mire à belle-mère, Trois verres de Lamar­tine, Du déri­vi­li­sor, De l’Espalion de Rodez qui fit tant de mal à Artaud, Le dytron pour noeud tronc, Les Clous d’infinies giro­flées, La cloche à sou­ringues, La Bible pour ceints sacre­ments, Du veri­gon, L’éjaculatoire à gre­naille, Le décap­su­leur à jar­re­telles, Du clame aux cils, Le Ter­cian psycho-tic, Le coin­ceau à far­fouille, L’orgeat à toux gri­cheuses, L’onguent pour bat qui blesse, Du cadet à moi­gnons, Le repas­seur de zig­zags ves­sières, Une lampe à ten­ture d’iode, L’épouille gournes, Du fumet de crou­pion, La bra­dule, La blaire, Le bour­son à l’huile d’amende douce, Le sai­gneur à anneaux, Le palan quint à jonc quille, De la brine, L’arracheur à poils du pif, Le ticket de buse, Du purin d’orties, Le sar­ment pour jeu de paumes, La procta, La sca­pine, Du grama tika, Le pio­let à trou de Bâle, La cla­mé­lite 0,5 mg, , Le péclol en dépit d’un cer­tain manque de bol pour faire pas­ser le tout, , De la Buffa Bilia, Du coin trop étroit  mais que l’orange arrange, Le Pas-Haut (doble), Le hip (et hop — ou presque), La déusse que mon ex machina, De la Gis­car­dio­fine, Le satrape du souf­fleur asth­ma­tique, La pelade du 18 juin.

Le tout pour ma salle monelle, mon las bêle du sai­gneur, mon beau bôt. Et lorsque ça ne suf­fit plus j’opte — contre mon épi démis — pour des injec­tions de mes plaies mobiles, De la bia­fi­fine, La pilule de la vieille, Du fur­fetu, Un cadu­cée de K momille avec lippes aux suc­cions, Le pouce pous­seur de bou­chons, De la bour­rache, Du beau lait de Satan, Un masse mol­let, La canusse andro­gyne, De l’eau écart lattes, Le baume à coeur ouvert, De l’alprazolam à Luette, La Paroxé­tine bas­quaise, De l’O de vit  ( mais  désor­mais sa liqueur est sans ciel), Le splen­dor luxis, Le tene­bris lucet, La fou­cade vétrique, du jam­bul  de Bayonne, Du veau doux, Le limant d’ongle, Du ren­fort ver­gique, Le coupe jet fou­tra­ger, La lotion futrique, Le pot lichon, Le sneff qu’on sniffe, Le frais goli, Le jus de pommes céza­nien, Un membre téles­co­pique, du Nutrof, Un tri­cot sté­rile, Le sort baie vita­miné, Le balai à pou­mon et le derme à ton­sure, Du ben­zène vita­miné, Le cra­tyle à varices, Le cla­pet pour corps puce, De la bita­line phos­pho­ri­sée, Le cal­cium de Mége­vette, Une poire pour la soif, Des draps foi­reux, Le fan­de­cul de Dia­foi­rus et son tourne vice, De le bou­zigue du Haut Rhône, L’absinthe puis l’absoute, Et ce qui fina­le­ment ne sera pas rem­boursé par la Sécu : un mètre cube de terre et des fleurs des­sus pour cou­ron­ner ma toux désor­mais tue et le toutim.

jean-paul gavard-perret

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One Response to Médicaments que je prends, apparareillages que je porte (Livre des listes — II)

  1. Anne Marie Carreira

    Abra­ca­da­brant et prodigieux

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