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Rentrée 04
Quand on frise la déconfiture dans un lit d’hôpital il est difficile de garder le moral. Finie l’ère de l’humanité, vous entrez dans le stade végétatif. Entre les deux, un état d’apesanteur où se mêlent colère et résignation, espoir fou et détresse abyssale. Puis la pente s’accentue. Le corps glisse le premier vite suivi de l’esprit. Ne restent alors plus que les souvenirs comme ultime piton auquel s’accrocher avant la chute finale. Laure n’en a plus pour très longtemps. Elle s’offre alors un dernier baroud d’honneur. Une charge ultime contre l’impossible. Plongeant dans ses premiers souvenirs elle recouvrera le mystère de l’enfance heureuse, le bonheur de l’adolescence mystérieuse. Macabre décompte que celui des absents, des silences, des mufles, des disparus... Mais ce petit calcul pervers est aussi le fruit d’une vie qui s’enfuit. La sienne.
Isabelle Desesquelles signe un premier roman d’une grande sobriété, où l’émotion est parfaitement contenue. Elle nous rappelle aussi que les fondations de toute vie reposent sur les quelques années privilégiées de l’enfance. C’est sur ce socle que se bâtit un destin exemplaire - ou une vie de ruines.
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| Isabelle Desesquelles, Je me souviens de tout, Julliard, 2004, 162 p. - 14,00 €. |
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